Enquête d’AP : recours au travail forcé d’adultes et d’enfants dans l’industrie de la crevette en Thaïlande

15 décembre 2016 - Greenpeace

Titre original : “Derrière les produits de la mer bon marché, un coût humain inacceptable”

“…Ce pays engrange chaque année 7 milliards de dollars en exportant des produits de la mer à travers le monde entier, parmi lesquels le thon en boite et les crevettes.

Des crevettes décortiquées par des « quasi-esclaves »

L’AP a pu interroger plusieurs dizaines de travailleurs exploités. Ces hommes et ces femmes, parfois des enfants, sont des Birmans qui ont fui leur pays. Ils travaillent dans des conditions proches de l’esclavage. L’un d’entre eux rapporte que les employés, chacun désigné par un numéro, sont contraints de décortiquer des crevettes 16 heures d’affilée chaque jour. Ils commencent à 3h00 du matin et n’ont le droit qu’à 15 minutes de pause pour manger. Ce témoin recevait 4 dollars par jour, pour 80 kg de crevettes décortiquées. Les travailleurs sont enfermés dans des bâtiments jouxtant le site de travail. Ils ne peuvent pas s’échapper. Ils sont parfois battus. Ils n’ont aucune couverture médicale et les conditions d’hygiène sont atroces. Le coût d’une paire de gants et d’une paire de bottes, seule maigre protection, est retenu sur leur salaire. Dans un des sites de décorticage, une femme enceinte de 8 mois a perdu son enfant, en accouchant prématurément à même le sol de l’entrepôt, et a été forcée de continuer à travailler pendant 4 jours alors qu’elle avait une hémorragie.

Thaï Union, maison mère de petit Navire, une nouvelle fois impliqué dans le recours au travail forcé

Les journalistes d’Associated Press ont suivi des camions depuis les sites de décorticage de crevettes jusqu’aux entreprises acheteuses, qui exportent ensuite vers l’Europe, les Etats-Unis et l’Asie. Une nouvelle fois, Thaï Union, maison mère de Petit Navire, figure parmi les clients des sites de production incriminés. Ce géant des produits de la mer devient coutumier du fait…La réponse du groupe est plus qu’insuffisante…”

 

Photo : RSE et PED

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