Honduras : assassinat de la militante écologiste Berta Caceres – Tuée pour son engagement contre des barrages selon sa mère

4 mars 2016 - TV5Monde - Sylvie Braibant - Avec AFP

Titre original : “Honduras : assassinat de la militante écologiste Berta Caceres”

“Elle avait 43 ans et le sourire facile, malgré les combats lourds qu’elle menait. Dans ce petit pays d’Amérique centrale, gangrené par la corruption, secoué par des coups d’Etat, il fallait oser se dresser contre les dérives environnementales et défendre les droits des indigènes, maltraités par les pouvoirs publics…

Lauréate 2015 du prix Goldman pour l’environnement, prix prestigieux américain doté par le philantrope Richard Goldman, s’était fait connaître pour sa défense du fleuve Gualcarque, dans le département de Santa Barbara, dans le nord-ouest du Honduras, où une entreprise prévoit de construire un barrage hydroélectrique qui menace de priver d’eau des centaines d’habitants de la zone…

En 1993, elle avait cofondé le Conseil national des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) pour faire face aux menaces croissantes contre les communautés Lenca par le biais de l’exploitation forestière illégale, en luttant pour maintenir leurs droits territoriaux et améliorer leurs moyens de subsistance.”…

La police a affirmé que la dirigeante du Conseil Citoyen des Organisations des Peuples Amérindiens du Honduras (Copinh), avait été tuée par des voleurs “mais nous savons tous que c’est pour sa lutte” écologiste, a affirmé sa mère…

En 2015, 80 militants écologistes ont été “liquidés” au Honduras…”

Lire aussi :
Berta Caceres, vaillante militante écologique assassinée au Honduras
France 24, 4 mars 2016

“…Co-venture entre la compagnie hondurienne Desarollos Energetico, DESA, et l’entreprise chinoise Sinohydro, le projet de barrage d’Agua Zarca menace depuis ses débuts les conditions de vie de centaines d’Indiens Lenca installés dans la région.

C’est en leur nom que Berta Caceres s’est investie dans ce difficile combat, montant plusieurs campagnes de protestation. Pendant dix ans, elle dépose des plaintes auprès des tribunaux, organise des manifestations pacifiques, des blocages de route pour empêcher l’accès au site, exigeant le respect des droits des populations locales et leur consultation sur la pertinence du projet. Elle va même jusqu’à saisir la Commission des droits de l’Homme interaméricaine, pour que la Banque mondiale, qui finance une partie du barrage, s’en retire. Ce que celle-ci finira par faire, emboîtant le pas à Sinohydro qui a rompu son contrat avec DESA fin 2013…”

Photo : site EuropeAid

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