Rapport : d’importantes disparités subsistent entre hommes et femmes sur les marchés du travail dans le monde

7 mars 2016 - OIT

“…Malgré quelques avancées dans certaines régions du monde, des millions de femmes perdent du terrain dans leur quête d’égalité au travail, selon un nouveau rapport de l’OIT…

A l’échelle mondiale, l’écart entre les sexes en matière d’emploi s’est seulement réduit de 0,6 point de pourcentage depuis 1995, avec un ratio emploi/population de 46 pour cent pour les femmes et de presque 72 pour cent pour les hommes en 2015.

En 2015, 586 millions de femmes travaillaient à leur propre compte ou contribuaient à l’entreprise familiale à travers le monde. Globalement, la proportion de celles qui travaillent dans une entreprise familiale (travailleurs familiaux) a nettement reculé parmi les femmes (de 17,0 points de pourcentage au cours de 20 années écoulées) et dans une moindre mesure parmi les hommes (de 8,1 points de pourcentage), l’écart mondial entre les sexes chez les travailleurs familiaux a donc diminué de 11 points de pourcentage.

Bien que 52,1 pour cent des femmes et 51,2, pour cent des hommes sur le marché du travail soient des travailleurs salariés, cela ne garantit pas en soi une meilleure qualité d’emploi. Globalement, 38 pour cent des femmes et 36 pour cent des hommes occupant un emploi salarié ne cotisent pas pour la protection sociale. Ces proportions atteignent 63,2 pour cent pour les femmes en Afrique subsaharienne et 74,2 pour cent en Asie du Sud, là où l’emploi informel est la forme dominante d’emploi.

Le rapport fournit aussi pour une centaine de pays de nouvelles données concernant les heures de travail rémunérées ou non et l’accès à la protection de la maternité et aux pensions de retraite.

Davantage d’heures de travail pour les femmes

Au quotidien, les femmes continuent d’effectuer davantage d’heures de travail que les hommes dans le travail rémunéré et non rémunéré. Que ce soit dans les pays à revenu élevé ou faible, en moyenne, les femmes effectuent deux fois et demi plus d’heures de travail domestique et de soin non rémunéré que les hommes. Dans les économies développées, les femmes actives (qu’elles soient salariées ou travailleuses indépendantes) effectuent 8 heures et 9 minutes de travail rémunéré et non rémunéré contre 7 heures et 36 minutes effectuées par les hommes.

Dans les économies en développement, les durées respectives sont de 9 heures et 20 minutes pour les femmes et 8 heures et 7 minutes pour les hommes. La répartition inégale des tâches non rémunérées limite la capacité des femmes à allonger leur durée de travail rémunéré, formel et salarié. De ce fait, à travers le monde, les femmes qui représentent 40 pour cent de l’emploi total forment 57 pour cent de la main-d’œuvre employée temps partiel.

En outre, à travers la centaine de pays étudiés, plus d’un tiers des hommes employés (35,5 pour cent) et plus du quart des femmes employées (25,7 pour cent) travaillent plus de 48 heures par semaine. Cela affecte aussi la répartition inégale des tâches domestiques et des prestations de soin non rémunérées entre hommes et femmes.

Les handicaps accumulés par les femmes sur le marché du travail ont un impact considérable des années plus tard. En termes de pension, la couverture (à la fois juridique et réelle) est inférieure pour les femmes, ce qui se traduit par un écart global entre les sexes en matière de protection sociale…

On constate aussi une ségrégation plus marquée dans la répartition des hommes et des femmes à travers les professions et au sein de chacune d’elles, au cours des vingt dernières années, avec l’essor des activités technologiques axées sur les compétences, surtout dans les pays développés et émergents…

En termes de salaire, les résultats du rapport confirment les précédentes estimations de l’OIT selon lesquelles, globalement, les femmes ne gagnent toujours que 77 pour cent de ce que gagnent les hommes…”

Photo : site EuropeAid

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