Les Africains du Panama : ces ministres en Algérie et en Angola clients de Mossack Fonseca

4 avril 2016 - Le Monde [France] - Joan Tilouine [avec l'ICIJ]

Le régime algérien et les paradis fiscaux ont pour point commun une certaine opacité qu’ils entretiennent pour préserver leurs systèmes. A Alger, l’évasion fiscale est un sujet tabou, réservé à une certaine élite. Il est théoriquement interdit de posséder des avoirs monétaires à l’étranger accumulés grâce à une activité en Algérie…

Toutefois, selon des documents consultés par Le Monde, le ministre de l’industrie et des mines, Abdeslam Bouchouareb, a détenu une société établie au Panama, Royal Arrival Corp…

En Algérie, la fuite des capitaux entre 2004 et 2014 est estimée à 16 milliards de dollars (14 milliards d’euros) par une commission ad hoc…

Ce qui n’est pas sans préoccuper les autorités, d’autant que la situation économique du pays subit la baisse des cours du pétrole qui génère plus de 95 % des revenus extérieurs. Il en va de même en Angola, deuxième producteur de pétrole du continent, où les pétrodollars assurent 75 % des recettes de l’Etat…

…Ancien caissier d’une boutique à Londres…gouverneur de l’Etat pétrolier du delta du Niger (1999-2007)…arrêté à Dubaï en 2010 puis extradé vers la Grande-Bretagne, James Ibori a été condamné en avril 2012 à treize ans de prison par la cour de justice de Londres. Il avait plaidé coupable et reconnu avoir détourné plus de 75 millions de dollars des caisses de l’Etat nigérian, blanchis à travers de complexes circuits financiers offshore…L’argent siphonné était ensuite dissimulé à travers des sociétés immatriculées aux îles Vierges britanniques, à Maurice et en Polynésie. Plusieurs de ces véhicules financiers ont été créés par l’intermédiaire de la firme panaméenne Cossack Fonseca…”

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