Global Witness dénonce la corruption dans le secteur minier en Ouganda

5 juin 2017 - Le Monde Afrique - Gaël Grilhot

“Un rapport de l’ONG britannique dénonce des pots-de-vin dans l’attribution de licences d’exploitation et le non-respect de la plupart des zones protégées…
Global Witness publie, lundi 5 juin, un rapport au vitriol sur le secteur des mines en Ouganda. L’ONG britannique dénonce la corruption « systématique » et la mauvaise gestion qui règnent au sein de la Direction des études géologiques et des mines (DGSM), chargée notamment de l’attribution des licences d’exploitation.

Une députée qui a obtenu un permis d’exploitation minière en plein cœur d’une réserve naturelle protégée. Un autre parlementaire payé pour négocier à bas prix l’évacuation de communautés villageoises, dont les terrains sont convoités par une entreprise de phosphates. Ou encore des tonnes de minerais de fer cachés aux autorités pour éviter de payer des taxes. Ce ne sont que quelques-uns des exemples cités dans le rapport de Global Witness, qui dresse un tableau accablant du secteur des mines en Ouganda…
« Nous avons été informés qu’il est impossible d’obtenir des licences de la part du DGSM sans donner une contribution à certains de ses responsables, souligne ainsi Global Witness, ..
Mais son président, Elly Karuhanga, accueille cette publication avec suspicion : « Vous savez, lorsque ce genre de rapport vient d’un pays étranger, il peut y avoir des intérêts derrière. » Il admet cependant qu’« il y a bien eu dans le passé des problèmes avec l’attribution des licences »,..

Le rapport dénonce aussi plus largement l’accaparement des terres et la destruction de zones naturelles, conséquence directe de ces mauvaises pratiques…

Elle soupçonne ses dirigeants et le gouvernement de fermer les yeux sur les origines de l’or, avec un risque important qu’il provienne de zones de conflits dans l’est de la RDC ou du Soudan du Sud…”

 

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