Afrique : encadrer les activités des entreprises de sécurité militaire privées

28 juin 2014 - Le Quotidien [Sénégal] - Auteur : Dr Aliou Diouf

“Aujourd’hui, avec la délégation ou l’externalisation par l’État de certaines de ses responsabilités régaliennes en matière de sécurité et de défense nationales, le nombre d’entreprises militaires privées opérant dans le monde ainsi que la palette des services qu’elles offrent ont considérablement augmenté.
… Ce phénomène gagne rapidement du terrain en Afrique
Ce développement des Emsp pose 5 défis:

  • le respect des droits de l’homme;
  • le manque de transparence et le lobbying des Emsp;
  • la responsabilité juridique des Emsp et le contrôle de leurs activités;
  • le respect de la souveraineté des États par les Emsp;
  • leur rôle pour la paix et la sécurité en Afrique.


Pour conclure, il convient de souligner que le nombre d’Emsp opérant en Afrique ira crescendo, ce qui se traduira inéluctablement aussi par des dérives de toutes sortes. Pour prévenir de tels abus mais aussi éviter l’impunité des agents des Emsp, les États africains doivent, entre autres et à titre individuel :

  • Soutenir massivement le Document de Montreux ;
  • Adopter de nouvelles lois pour mieux encadrer juridiquement tous les aspects liés aux activités des Emsp et instituer des organes de contrôle en amont et en aval de leurs activités.

Au niveau régional, les États doivent, entre autres :

  • Utiliser le canal des instances régionales en particulier l’Union africaine et la Cedeao pour prendre à bras le corps les multiples défis liés à l’activité des Emsp sur le continent.

Au niveau des Nations Unies, ils doivent surtout :

  • mettre en œuvre les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme mais aussi soutenir les efforts de l’Onu visant à élaborer un cadre réglementaire international pour les Emsp.

Quant aux Emsp opérant en Afrique, elles doivent, entre autres :

  • Signer le Code de conduite international des entreprises de sécurité privées (ICoC) ;
  • Respecter la législation nationale ainsi que les institutions et la souveraineté des pays dans lesquels elles évoluent ;
  • Respecter les droits de l’homme (et le doit international humanitaire en cas de conflit armé).

Photo : F. Lefèbvre, site EuropeAid – Pretoria, Afrique du Sud

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