Après les bulldozers : comment une compagnie minière a étouffé la vérité sur des expulsions forcées en RD Congo

1 novembre 2014 - Amnesty International

“Les 24 et 25 novembre 2009, la police de la province du Katanga, en République démocratique du Congo (RDC), a ordonné la démolition de centaines d’habitations et de commerces à Kawama, un village situé près de la mine de Luiswishi. Ces démolitions ont eu lieu dans le cadre d’une opération de la police visant à chasser de cette zone des mineurs travaillant de façon artisanale (creuseurs), accusés d’avoir commis des vols sur le site de la mine.

Elles ont été menées sans préavis et n’avaient aucun fondement juridique. Des personnes se sont retrouvées sans abri et nombre de victimes ont perdu leur moyen de subsistance. Ces demolitions constituent des expulsions forcées, et donc une grave violation des droits humains. Elles vont également à l’encontre de la législation congolaise.

À la suite des expulsions forcées, le Groupe Forrest International, dont la filiale était la société d’exploitation à la mine, a nié que les logements et les commerces de résidents permanents de Kawama avaient été touchés. Le présent rapport met en avant de nouveaux éléments, y compris des images satellite, montrant l’étendue des démolitions et prouvant que l’entreprise a menti sur l’échelle et l’impact des événements survenus à Kawama. Amnesty International a soumis ces preuves à l’entreprise, qui a nié toute responsabilité. Ce rapport montre également comment l’enquête officielle sur ces événements a été enterrée, apparemment à la suite d’ingérences politiques.

Dans ce rapport, Amnesty International appelle les autorités congolaises et le Groupe Forrest International à faire en sorte que la population de Kawama obtienne des réparations convenables. Les autorités doivent engager des poursuites contre toutes les personnesresponsables d’actes illégaux qui se sont soldés par des atteintes aux droits humains.

Le rapport appelle également la Belgique, où le Groupe Forrest International est domicilié, à réviser son cadre juridique et politique pour être en mesure de réglementer de façon adéquate les multinationales belges, à la fois sur son territoire et à l’étranger.”

Photo : RSE et PED

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