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COMPTE-RENDU, VIDÉOS ET PRÉSENTATIONS
LFEA #3 : Prise de parole en public : enjeux, freins et solutions pour les femmes en Afrique

Le 21 avril 2017 -

Intervenantes

Gloria Paraiso-Jossou, Consultante en Communication & RSO

RS Consulting [Sénégal]

Nogaye Ndiaye Mourgaye, Directrice,

Onglemania [Sénégal]

Conclusion

Jaleh Bradea, Directrice de Projets,

Direction Caraïbes / Océan Indien, Canal+ International [France]

Vidéos

Gloria Paraiso-Jossou, partie 1 : enjeux de la prise de parole en public des femmes en Afrique

Gloria Paraiso-Jossou, partie 2 : contexte socio-culturel de la prise de parole en public des femmes en Afrique

Gloria Paraiso-Jossou, partie 3 : conseils clés pour réussir ses prises de parole en public – conseils techniques, et surtout un élément essentiel : préparer !

Nogaye Ndiaye Mourgaye, témoignage : comment se former à la prise de parole en public a contribué au succès de ses entreprises

Jaleh Bradea : conclusion du webinaire Prise de parole en public

Gloria Paraiso-Jossou, questions-réponses 1

Gloria Paraiso-Jossou, questions-réponses 2

Présentations

 

 

 

 

Compte-rendu

Le 21 avril 2017 a eu lieu le webinaire Prise de parole en public dans le cadre du cycle Leadership féminin dans l’économie africaine.

Gloria Paraiso-Jossou a introduit le webinaire en avançant que maîtriser les techniques de prise de parole est incontournable. En revanche les femmes africaines sont réfractaires à intervenir en public. Pourtant elles sont de plus en plus instruites et accèdent de façon croissante à des postes à responsabilités. Alors qu’est-ce qui explique ces réticences et comment y remédier ?

La prise de parole est un exercice redouté pour les hommes comme pour les femmes. C’est la glossophobie. 30% de la population sont paniqués à l’idée de prendre la parole en public. Cela peut s’expliquer par la peur de l’inconnu, du jugement des autres. Pour les femmes l’exercice est plus difficile car des études montrent qu’elles se font couper la parole et récupérer leurs idées plus souvent que les hommes. C’est surtout le cas dans les pays occidentaux.

En Afrique, dès le plus jeune âge, il est interdit de regarder l’adulte dans les yeux. Cette attitude est reproduite plus tard face aux personnes que l’on se représente comme ayant une forme d’ascendant ou d’autorité. Or, ne pas regarder dans les yeux empêche de dire ce que l’on souhaite. Gloria Paraiso-Jossou a donné l’exemple d’une jeune, femme de 21 ans et d’une député sénégalaise qui pensent ou croient encore culturellement que, pour la première, « la femme doit être docile », et pour la deuxième, « la femme doit éviter de trop parler sous peine d’être mal jugée ». Pour une député, cela parait contradictoire au vu de sa fonction parlementaire !

Se former à la prise de parole en public est essentiel ! Gloria Paraiso-Jossou a expliqué que les femmes africaines n’y recourent pas car elles culpabilisent à l’idée de s’octroyer du temps, pensant délaisser toutes les autres activités qu’elles mènent pour le foyer familial.

Les enjeux auxquels doivent faire face les femmes africaines pour leur développement de carrière sont :

  • La compétition avec les hommes ;
  • La compétition avec les étrangers qui viennent sur le territoire africain ;
  • L’exigence de la polyvalence professionnelle.

Dans cette situation de concurrence, il est essentiel de se faire valoir devant divers publics. Les situations de prise de parole se multiplient dans le milieu professionnel et social. Toutes ces prises de parole en public sont des occasions de développer ses compétences et d’avancer professionnellement.

Gloria Paraiso-Jossou a conclu en rappelant qu’il n’y a deux impératifs pour assurer une bonne prise de parole car celle-ci n’est pas innée :

  • La préparation des prises de parole,
  • Et la formation aux techniques de prise de parole en public.

Elle a ensuite introduit Nogaye Ndiaye Mourgaye, créatrice d’entreprise à la tête du 1er réseau d’ongleries sénégalais, qu’elle a coachée pour la prise de parole. Trois ans après le lancement d’OngleMania, Nogaye Ndiaye a réalisé l’importance et les retombées pour son entreprise que pouvaient apporter la prise de parole en public. Elle a constaté que la prise de parole permettait de faire évoluer les a priori existants sur la femme africaine et ses compétences et de donner de la valeur au secteur de la beauté qui pâtit d’une image négative. Nogaye Ndiaye a compris que pour une bonne prise de parole il est nécessaire de savoir pourquoi on prend la parole, de préparer son discours, de bien respirer, et de gérer sa gestuelle.

Jaleh Bradea a conclu le webinaire en faisant une synthèse des interventions de Gloria Paraiso-Jossou et Nogaye Ndiaye. Elle a retenu l’importance de la préparation de la prise de parole en amont et de sa mise en perspective contextuelle, que ce soit en milieu professionnel ou extraprofessionnel. Il ne faut pas hésiter à se former ou se re-former, parce que la pratique est importante.

Jaleh Bradea précise que durant la prise de parole en public, en cas de perturbation, il faut se tenir à son travail de préparation pour contourner les perturbations. Il convient également d’utiliser les techniques de gestion de parole – ainsi par exemple, si une personne monte la voix, il faut baisser la sienne. Se référer aux techniques que l’on a apprises aide à dépasser les peurs.

Il faut se faire confiance, et au fur et à mesure des prises de parole, le cerveau déprogramme les peurs. La prise de parole en public doit devenir un jeu dans la vie quotidienne, au-delà du contexte professionnel. Elle fera ensuite la différence dans toute situation. La prise de parole en public permet enfin de déplacer les frontières culturelles et sociales.

Quelques conseils

  • Toute prise de parole se prépare en amont :
    • en définissant précisément le sujet, la cible et ses attentes ;
    • en rédigeant le contenu de son discours et en le répétant afin de s’ancrer les idées, fluidifier le discours, être à l’aise et gommer ses peurs.
    • Si on maîtrise le sujet, l’audience sera naturellement convaincue et c’est ainsi que l’on gagne en confiance. C’est pour cela que la préparation est capitale.
  • Dans un auditoire il faut regarder de façon ponctuelle la personne qui acquiesce à ce que l’on dit (elle est un soutien), mais de façon ponctuelle seulement. Il faut en effet veiller à balayer toute l’audience avec ses yeux.
  • La gestuelle est là pour renforcer et souligner les propos et non pour s’y substituer.
  • Il faut adopter une posture positive et se dire que si on nous a donné la parole c’est parce qu’on le mérite et que l’on maîtrise son son sujet.

Les techniques de prise de parole en public sont particulièrement utiles pour les personnes timides.

Une des personnes inscrites au webinaire, de RD Congo, témoigne :

“Il y a des traumatismes que certaines ont subi durant leur enfance qui les empêche de prendre librement la parole. Pour ma part, cma mère a eu un mariage difficile, elle était tout le temps en colère, elle me battait, n’écoutait jamais mes plaintes jusqu’au bout, à ses yeux j’avais presque toujours tort par rapport a mes frères. Cela fait que chaque fois que je veux prendre la parole, j’ai l’impression que je vais être jugée et condamnée. Tant que mon auditeur ou auditoire ne m’encourage pas des yeux, mon discours risquera d’être incohérent. Sans suivi pour certaines femmes mêmes les plus brillantes vivent dans un déni de leurs qualités, talents ou leur génie. En Afrique nous n’avons pas la culture de recourir à des psychologues. Je souhaiterais que l’on aborde la question des freins psychologiques et des solutions pour en guérir.”

Biographies

Juriste de formation (Paris I-Panthéon Sorbonne), Gloria Paraiso-Jossou a officié en tant que Conseiller de la Première du Sénégal de 2004 à 2012, en matière de Communication sociale & institutionnelle.

Durant ces années, elle a également développé ses compétences en Management des projets sociétaux et c’est par ce biais qu’elle a découvert le Développement Durable et l’intérêt pour une organisation de dialoguer avec ses parties prenantes, dans le cadre de sa Responsabilité Sociétale.

Cette évolution, matérialisée par un International MBA, l’a incitée à monter en 2013, le Cabinet RS Consulting qui fournit des services de formation et d’Assistance-conseil des organisations dans la mise en œuvre de leurs politiques RSE/O.

Passionnée de Communication, elle a également été Présidente du DXTC, 1er club de formation à l’Art Oratoire et au Leadership du Sénégal, affilié à Toastmaters International.

Elle propose à ce titre des formations en Prise de Parole en Public, à l’attention des particuliers et au sein d’entreprises.

Elle est membre du Conseil d’Administration de RSE-et-PED.

Nogaye Ndiaye Mourgaye, entrepreneur dynamique et charismatique.

Mariée, deux enfants, directrice – fondatrice de ONGLEMANIA, première chaîne d’ongleries modernes du Sénégal depuis 2010 et de FANTAISIKA, Nails and Beauty Academy, première école des métiers du look depuis 2015.

Formation de base à Niary Tally puis un parcours classique jusqu’à un master en management et marketing à l’ISM. Elle s’envole ensuite pour le Maroc où elle se forme au métier d’hôtesse de l’air. Elle fait le tour du Sénégal comme agent marketing opérationnel et fait ses premiers pas en agro-alimentaire chez Kirène. Elle obtient ensuite le premier prix publicitaire télé de l’histoire du Sénégal pour la campagne Super FONTAINE en tant que responsable marketing chez SEMCO. Un cours passage en agence de publicité puis création du premier ONGLEMANIA.

Nogaye n’est pas une esthéticienne de formation. Elle se forme à Paris et décide d’adapter ses connaissances aux réalités nationales et de partager son savoir-faire. Elle casse les codes des salons avec ses couleurs flashy, se positionne sur une spécialité “la beauté des pieds et des mains” et construit une marque forte pour partager sa passion au plus grand nombre : ONGLEMANIA. Après 3 Onglemania ouverts, elle constate une lacune en formation dans son secteur et lance son école FANTAISIKA , nails and beauty academy. Selon Nogaye pour délivrer des prestations de qualité made in Sénégal à des tarifs abordables à un large public, il faut des ressources humaines de qualité.

Pour Nogaye “qui veut, peut”. Rien ne l’arrête, quand elle ne sait pas elle se forme et quand on la critique, elle apprend.

Nogaye est aujourd’hui une personnalité reconnue du secteur de la beauté au Sénégal qui souhaite faire évoluer le secteur et accompagner les jeunes talents.

Après quelques années dans le conseil en management chez PriceWaterhouseCoopers, Jaleh Bradea s’est tournée vers la production d’émissions TV. Elle a notamment écrit et animé un magazine pour TV5 monde, à l’antenne en 2004 et 2005, « Destins de Femmes » : un échange interculturel entre des femmes engagées venant de part et d’autre du Monde.

Aujourd’hui tout en pilotant des projets pour la DG DROM de Canal+ International, elle s’investit dans le groupe Engagement Solidaire des Entreprises du Groupe (Canal+, Vivendi, Universal, Bolloré) et s’occupe plus particulièrement de la RSE sociétale de Canal+ Overseas pour l’Afrique et les DROM, destinés au rapport annuel de Vivendi mais aussi avec la volonté accrue de Canal+ Afrique de rester un acteur engagé dans le développement des pays d’Afrique francophone.


Le Projet webinaires pour le leadership féminin dans l’économie africaine est soutenu par :

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Photo : Serigne Diagne (Flickr)

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