Brésil : La décision de la Cour interaméricaine est une victoire dans la lutte contre l’esclavage – Relative à l’indemnisation de victimes du travail forcé dans l’agriculture

“La CSI s’est réjouie de l’appel du bureau brésilien de l’OIT pour la redistribution des terres à lutter contre le travail forcé dans le pays, à la suite d’une décision historique rendue par la Cour interaméricaine des droits de l’homme tenant le gouvernement comme responsable de l’indemnisation de 125 esclaves détenus dans un ranch de l’État de Pará…

Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI, a déclaré : « De puissants propriétaires terriens sont responsables de l’esclavage au Brésil et ce jugement engage la responsabilité des autorités quant à la protection des travailleurs contre le travail forcé. Le gouvernement de Michel Temer restreint la portée des lois du travail et de la lutte contre la fraude, ce qui expose davantage de personnes à un risque d’être prises au piège dans le travail forcé. Entre-temps, les coupables, et même certains membres du Parlement, échappent à la justice. Une répartition équitable des terres et la pleine application de la loi sont indispensables pour mettre fin à l’esclavage au Brésil. »

Pendant des décennies, les travailleurs brésiliens, souvent indigènes ou afrodescendants, ont été victimisés et maintenus dans des conditions de pauvreté extrême par les propriétaires terriens du nord-est du pays. Au cours des présidences de Luiz Inácio Lula da Silva et Dilma Rousseff, plus de 44 000 personnes ont été libérées de conditions proches de l’esclavage…

En 2014, le groupe de pression de l’industrie agroalimentaire a réussi à obtenir de la Cour suprême qu’elle empêche la publication d’une « sale liste » des entreprises bénéficiant de l’esclavage. Par ailleurs, certains membres du Congrès brésilien qui ont joué un rôle de premier plan dans la destitution de Rousseff font eux-mêmes l’objet de soupçons crédibles pour leur responsabilité dans des affaires d’esclavage. Dans une affaire en cours d’examen par la Cour suprême pour des raisons de procédure, Beto Mansur (un membre du Congrès qui s’était farouchement opposé à Rousseff) est accusé d’avoir retenu 46 personnes, dont plusieurs enfants, dans des conditions proches de l’esclavage…

La décision rendue dans l’affaire connue sous le nom de Fazenda Brasil Verde, publiée par la Cour le 15 décembre, est la première à appliquer l’article 6 de la Convention américaine des droits de l’Homme interdisant le travail forcé…”

Photo : Suzanne Scaglia – Site EuropeAid – Brésil

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