Au Cameroun, une start-up de charbon bio attend ses investisseurs

16 juillet 2017 - Le Monde Afrique - Josiane Kouagheu

“Dans la banlieue de Douala, Kemit Ecology a produit 37,5 tonnes de charbon à partir de déchets des marchés de la ville. Elle espère passer bientôt à l’échelle industrielle…
Depuis trois ans, le promoteur de Kemit Ecology et son équipe sillonnent les marchés et les d’autres lieux de la capitale économique du Cameroun pour collecter des déchets biodégradables : cannes à sucre, peaux et rafles de maïs, épluchures de plantains et bananes, restes de rotins… « Ces ordures sont transformées en charbon 100 % bio. Un charbon qui respecte toutes les règles environnementales, ne pollue pas la nature et aide le Cameroun à sauver ses forêts », lâche avec fierté le jeune entrepreneur…
« Nous avons voulu offrir une alternative à ce problème de déforestation des bois de mangrove. Nous avons alors pensé aux déchets ménagers et avons installé notre usine au milieu de cette mangrove », dit-il…

Depuis, la jeune entreprise a bénéficié des dons et financements qui lui ont permis d’acquérir des machines fabriquées au Cameroun : un hacheur, un compacteur, une chambre à sécher, des boîtes de commande, un carbonisateur. Leur site a été câblé à haute tension pour l’industrie. Leur production est passée d’une à six tonnes par mois et les récompenses n’ont pas tardé : prix Entrepreneur Vert jeune d’initiatives climat à la COP22 à Marrakech en 2016, prix de la meilleure technologie au Cameroun, dans la foulée…

Le sac de 40 kg de ce charbon produit sous forme cylindrique et cubique coûte 8 000 francs CFA (12,30 euros), au lieu de 9 500 francs CFA le charbon de bois traditionnel. Il est vendu sur les marchés de Douala. Des restaurants et des ménagères passent régulièrement commande. En deux ans, les cinq employés de Kemit Ecology ont collecté 288 tonnes d’ordures transformées en 37,5 tonnes de charbon bio. « Nous ne couvrons même pas un centième de la demande de Douala, dont la consommation annuelle dépasse les 100 000 tonnes, soupire Muller Tenkeu. Nous cherchons un investissement de 50 millions de francs CFA pour passer à une production semi-industrielle. »…”

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