L’économie collaborative accroît les inégalités patrimoniales

3 janvier 2016 - Rue89 [France] - Hugues Sibille, Président, Fondation du Crédit Coopératif - Propos recueillis par Robin Prudent

“Dans l’économie collaborative, on retrouve aussi une logique de « bottom up », c’est-à-dire partir des personnes pour créer quelque chose, non ?

Oui, il y a des liens entre économie collaborative et sociale et solidaire, c’est pour ça qu’il peut y avoir de la confusion.

Le principe de la coopérative, ce sont des agriculteurs qui se mettent ensemble, qui s’associent pour mieux écouler leurs produits et mieux acheter à plusieurs. Ce sont encore des entrepreneurs salariés qui créent l’outil dont ils ont besoin, une coopérative. Le mouvement part de l’usager, du salarié…

L’économie collaborative est une économie horizontale qui permet, grâce à Internet, de mettre en relation directe des demandeurs ou des offreurs de services et de biens. Elle limite l’intermédiation à une plateforme numérique et permet de démultiplier les usages de façon exponentielle à partir d’un patrimoine constant. Sans Internet, pas d’économie collaborative…

Malheureusement, l’économie sociale et solidaire est insuffisamment entrepreneuriale. Aujourd’hui, la motivation de beaucoup de créateurs de start- up, c’est de toucher le pactole. Ce n’est pas le cas d’un créateur de coopérative. Par exemple, j’aurais adoré que Vélib soit géré sous forme coopérative. Soit l’ESS n’attire pas suffisamment d’entrepreneurs, soit elle n’a pas la réactivité suffisante pour aller vite sur les nouveaux marchés, soit manque la connexion avec les financeurs. L’économie collaborative attire le capital-risque avec des perspectives de sortie rapide en plus-value…”

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