ÉVÉNEMENTS EN LIGNE

COMPTE-RENDU, VIDÉOS, PRÉSENTATIONS
ODD#5 – Économie circulaire, déchets et enjeux de l’ODD 12

Le 27 avril 2018 -

Intervenant.e.s

Hélène Valade, Directeur du Développement Durable, Suez [France]

Ismaël Essome, Président fondateur, Madiba & Nature [Cameroun]

Professeur Lotfi Chraïbi, Coordonnateur Filière Génie éco-énergétique et Environnement Industriel, ENSA Tanger [Maroc]

Modération : Sylvain Boucherand, Co-Fondateur, B&L Evolution [France]

Vidéos

Sylvain Boucherand, B&L Evolution et Hélène Valade, Suez

Professeur Lotfi Chraïbi, ENSA Tanger

Ismaël Essome, Madiba & Nature

Présentations

Présentation de Sylvain Boucherand

 

 

 

 

 

 

Présentation d’Hélène Valade

 

 

 

 

 

 

Présentation d’Ismaël Essome

 

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu

Ce 5ème webinaire du cycle consacré au thème «ODD et entreprises» s’est tenu le 27 Avril 2018, autour d’Hélène Valade, Directrice du Développement Durable, Suez, Ismaël Essome, Président fondateur, Madiba & Nature et le Professeur Lotfi Chraïbi, Coordonnateur Filière Génie éco-énergétique et Environnement Industriel, ENSA Tanger. La modération de ce webinaire a été réalisée par Sylvain Boucherand, Co-fondateur B&L Evolution, qui a introduit le webinaire et présenté le contexte français:

  • La feuille de route nationale française de l’économie circulaire, présentée par le Premier Ministre français le 23 Avril 2018, compte 50 mesures qui ont pour objectif de mieux produire, consommer, de mieux gérer les déchets et de mobiliser tous les acteurs.
  • La mise en place du Comité de pilotage de haut niveau pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Ce comité va regrouper un certain nombre d’acteurs dont l’objectif est de produire la feuille de route  française sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable et sa déclinaison opérationnelle.

Après la présentation de ce contexte, Sylvain Boucherand est brièvement revenu sur les 17 objectifs du développement durable en faisant un focus sur l’objectif 12 qui traite de l’établissement des modes de consommation et de production durables.

La première intervenante était Hélène VALADE, Directeur du Développement Durable, Suez

Il y a quelques années, s’est engagée une vraie révolution à l’intérieur de Suez appelée révolution de la ressource. Convaincue que les ressources sont et seront de plus en plus rares, il convenait d’inventer un mode développement qui soit déconnecté de la consommation des ressources. Cela a emmené Suez à transformer  ses métiers cœurs pour les inscrire dans une logique d’économie circulaire. Les deux métiers cœurs de Suez sont :

  • L’eau (la production le traitement et la distribution)
  • Les déchets (la collecte et le tri)

A ces métiers se sont ajoutés des métiers d’économie circulaire, qui proposent de donner une autre vie aux ressources.

Au niveau de l’eau, Suez s’est engagée à traiter les eaux usées et à les destiner à d’autres usages (agricoles et industriels). Grâce à ce système, Suez a été dans la capacité de produire 1,3 milliards de m³ d’eau alternative en 2017.

En ce qui concerne la collecte et le tri des déchets, Suez s’est engagée à valoriser les déchets et à les remettre sur le marché des matières premières secondaires. Environ 4,3 millions de tonnes de matières premières secondaires ont été mises sur le marché en 2017 par l’entreprise.

Pour mener à bien ces différentes actions, il a fallut les insérer dans un cadre construit avec les parties prenantes sous forme de feuille de route qui donne une vision de là où l’entreprise souhaite aller. La première priorité de Suez est d’être une entreprise collaborative, ouverte et responsable.

Sa seconde priorité est d’être  leader de l’économie circulaire bas carbone et elle a pour cela des engagements qui consistent :

  • à réduire les émissions de gaz à effet de serre
  • à se donner des objectifs en matière d’énergie renouvelable produite à partir de déchets ou de matières premières secondaires produites.

La troisième priorité est d’accompagner la transition environnementale de ses clients aux vues des spécificités et des attentes qui diffèrent selon les pays.  Il s’agit donc de développer des solutions adaptées aux attentes des clients, notamment des unités mobiles d’eau et d’assainissement à la place des grands projets industriels.

La quatrième priorité est de contribuer au bien commun qui vise à être dans des démarches de progrès à la fois sur la santé et l’environnement, via la qualité de l’air, via l’océan.

L’entreprise a fait sienne l’analyse de l’Ademe relative à l’économie circulaire qui met l’accent sur 7 piliers. Il s’agit de mettre en place un modèle économique qui soit respectueux des ressources et créateur d emploi. Pour se faire il y a plusieurs étapes à prendre en compte:

  • L’éco-conception: comment l’entreprise peut aider ses clients, notamment industriels, à prendre en compte le sujet de l’économie circulaire au moment de la fabrication même des produits.
  • Le recyclage.
  • La consommation responsable, qui peut se faire par des campagnes de sensibilisation afin de contribuer à l’économie de la fonctionnalité c’est-à-dire, valoriser les usages plutôt que l’utilisation simple et rapide et jetable des produits.

Toutes ces actions sont menées dans le cadre de deux autres objectifs qui sont l’écologie industrielle et territoriale car l’économie circulaire est avant tout une économie locale. Ses actions se font dans le cadre de la circonscription avec d’autres acteurs que sont les collectivités, les habitants et les ONG. Il est très important de pouvoir co-construire cette boucle d’économie locale. Hélène Valade a parlé d’écologie territoriale comme un moyen d’associer les habitants ou les ONG aux activités d’assainissement, c’est ainsi que Suez à développé une activité de récupération de plastiques sur les plages, des plastiques qui sont par la suite traités et insérés dans la fabrication de nouveaux produits.

Tous ces sujets d’économie circulaire doivent être portés très en amont, c’est-à-dire du côté des fournisseurs et des sous traitants  pour contribuer à un approvisionnement durable.

Il existe deux types de valorisation, la valorisation matière et la valorisation énergétique.

La valorisation énergétique, ce sont des déchets qui ne peuvent pas être transformés en matière et qui peuvent par exemple être transformés en biogaz ou bio-méthane. Une telle action peut être effectuée avec les bio-déchets ou avec la récupération de chaleur sur les centres d’enfouissement des déchets. Tout cela permet de produire soit du gaz, de la chaleur ou de l’électricité. Ainsi il est possible de construire une boucle d’économie circulaire. Ce type de valorisation énergétique donne elle-même lieu à un autre sous produit que sont les mâchefers. Ces mâchefers peuvent être utilisés pour les sous-couches routières ou peuvent être affinés afin de constituer des métaux non ferreux qui pourraient être réutilisés dans le processus de fabrication de produits nouveaux.

La valorisation de matière se traduit surtout par une seconde vie donnée au plastique qui est un enjeu incroyable. Pour une collecte rapide et efficace du plastique, il faut aller le chercher pour le traiter. Pour le faire de façon efficace, un système de consigne à travers des partenariats tissés avec les acteurs de la grande distribution a été mis en place afin de collecter les canettes et bouteilles en plastique. A partir de cette collecte effectuée, on peut décomposer les plastiques en différents types de polymères qui sont réutilisés dans les processus de fabrication.

Des indicateurs de circularité rendent compte des activités de Suez qui renseigne ainsi le pourcentage de déchets valorisés, la quantité de plastiques recyclés, le pourcentage d’eau traitée et réutilisée, etc.

Suez est entrée dans une économie multi-acteur et l’économie circulaire incarne bien cela, car selon l’esprit de Suez on ne peut pas être seul pour faire face aux enjeux environnementaux et sociaux qui sont les nôtre aujourd’hui.

Intervention du Professeur Lotfi Chraïbi, Coordinateur filière génie éco-énergétique et environnement industriel –  ENSA Tanger

Le professeur Chraïbi a commencé par parler de l’économie circulaire dans le contexte du marocain qui fait face à plusieurs contraintes et challenges au niveau social. Le Maroc n’a pas encore de feuille de route en ce qui concerne l’économie circulaire. Cependant, il existe plusieurs initiatives et expériences qui montrent que c’est un chantier désormais ouvert. Au niveau institutionnel marocain, une stratégie nationale de l’environnement et du développement durable vision 2030 a été mise en place et elle comprend une multitude d’enjeux qui prennent en compte l’économie circulaire et l’économie verte. Cette stratégie est pilotée par un comité mis en place au niveau du gouvernement, qui travaille sur les objectifs du développement durable horizon 2030. Par ailleurs, il existe déjà d’autres initiatives dans une logique de partenariat public-privé au niveau du territoire et quelques expériences réussies. Dans la ville de Ferve par exemple, on peut citer l’expérience réussie de la valorisation de déchets en production de biogaz. Ce biogaz est transformé en énergie électrique, permettant ainsi l’éclairage public de la ville. Dans une autre ville du pays, une entreprise a réussi la réutilisation des eaux usées et leur valorisation dans tout ce qui est arrosage de terrains.

L’un des premiers défis de l’économie circulaire au Maroc se situe au niveau du secteur informel et notamment la problématique des chiffonniers.

Au niveau industriel, il y a aussi plusieurs initiatives et actions réussies sans que les entreprises ne les relient à l’économie circulaire. Dans les zones industrielles, le marché des déchets industriels est en plein essor aujourd’hui et il existe de la concurrence dans ce secteur.

Les PME ont aussi emprunté cette voie. On peut citer comme exemple une entreprise qui a entrepris de récupérer, collecter les restes d’huile de palme alimentaire avant de les transformer en biodiésel.  Une action qui tend à s’étendre dans toutes les grandes villes du Maroc.

Le chantier se situe surtout au niveau de tout ce qui est nouveaux métiers et tendances de l’économie circulaire. Pour se faire, il faut:

  • Transférer le savoir faire, surtout au niveau du montage de projet
  • Mettre en place des outils qui puissent inciter les entreprises dans cette démarche de valorisation des déchets
  • Sensibiliser aussi bien les citoyens, les porteurs de projets, les bailleurs de fond et les industriels à développer de nouvelles filières dans ce dans le domaine de l’économie circulaire.

Intervention d’Ismaël ESSOME, Président Fondateur de Madiba & Nature

Madiba & Nature est une organisation à but non lucratif qui existe depuis plus de deux ans. A la base, elle collabore avec plusieurs ONG internationales qui œuvrent pour la conservation et la préservation des milieux marins camerounais. Au Cameroun, la notion d’économie circulaire n’existe pas mais plusieurs  activités sont entreprises par les PME de façon individuelle sans que ces activités soient toujours bien coordonnées. C’est dans cette optique qu’est née Madiba & Nature pour encourager l’entrepreneuriat dans le domaine de l’économie circulaire, pour essayer de booster les activités du recyclage et de préservation de la nature.

La vision de Madiba & Nature est de construire un Cameroun où l’économie circulaire contribue à la conservation de la nature tout en favorisant la création des emplois et en promouvant l’éducation environnementale pour susciter un éveil environnemental pour une meilleure adaptation au changement climatique. Il s’agit de faire entrer l’économie circulaire dans l’habitude des citoyens camerounais.

Madiba & Nature s’est installée dans deux villes camerounaises : Kribi et Douala. Le choix de ces villes se justifie par la présence de plan d’eau.

Kribi est la ville qui borde l’océan atlantique avec un grand enjeu environnemental vu qu’il y a la construction d’un port qui va débuter prochainement ses activités .

La seconde ville est Douala, qui est l’une des métropoles du Cameroun avec plus de 4 millions d’habitants. C’est une ville qui produit énormément de déchets plastiques qui sont déversés dans les cours d’eau et le lac de la ville. Ces plastiques sont trainés directement dans la mangrove aux alentours de la ville avec 5 à 10km de montagne de déchets. Douala est une ville sujette à de nombreuses inondations dues à ces déchets plastiques.

Les enjeux sur le plan océanique sont colossaux parce que les espèces sous-marines dans la zone du fleuve sont des espèces de plus en plus menacées. Les actions de Madiba & Nature consistent à appuyer le travail de certaines ONG qui œuvrent déjà dans ce secteur.

L’association essaie de mettre sur pied des stratégies qui vont favoriser l’organisation de clubs et d’activités de nettoyage des plages. Ensuite, elle travaille sur un programme de recherche pour optimiser la valorisation des déchets de manière simple et écologique.

Madiba & Nature travaille sur les PET car ce type de plastique est peu traité dans l’industrie camerounaise. Ainsi, après quelques réflexions, l’association a développé des utilisation simples de ces bouteilles pour en faire par exemple des pirogues pour soutenir la pêche dans la zone de  Kribi.

Projets et actions de Madiba &Nature:

Pour atteindre l’objectif 13 du développement durable qui lutte contre les changements climatiques, l’association a mis en place des pirogues fabriquées avec des bouteilles qui sont durables et qui réduisent l’usage du bois et donc réduit la destruction des forêts.

Pour ce projet, Madiba & Nature a déjà reçu une commande de 500 pêcheurs appartenant à la communauté de Kribi et veut l’étendre à davantage de pêcheurs.

Pour atteindre l’Objectif 11 qui traite des villes et communautés durables, l’association s’est proposée de développer quelques activités qui soutiennent l’équipe programme de ville et intérieur de la côte camerounaise de Kribi, de promouvoir une forme d’écotourisme baptisée “écotourisme tropicalisé”. Il s’agira donc de faire la promotion d’un écotourisme où l’utilisation des matériaux écologiques (Ecoboats, meubles maisons touristiques), contribuent à la diversification des AGR au sein des communautés de Kribi tout en assurant la lutte contre la pollution.

Madiba & Nature est en train de développer un village écologique à Londji pour l’écotourisme en travaillant avec les pêcheurs aux alentours et en les formant en tant que guides touristiques. Ce village écologique attire aussi bien les camerounais que les étrangers.

Un autre projet qui se déroule dans la ville de Douala, est de mettre en place un système durable de recyclage de déchets qui se fait en partenariat avec des jeunes  et des étudiants car pour l’association, ces jeunes constituent les générations futures. Ce projet qui se prénomme “Douala green and clean” permet de coacher et accompagner les étudiants et ingénieurs à monter des mini-projets dans le green business, c’est à dire dans  les projets de recyclage. Il y a actuellement 7 jeunes étudiants dans le projet avec différentes initiatives comme celle par exemple de la valorisation des déchets organiques en biogaz et en composts.

Le quatrième projet mis en place par l’association permettra d’atteindre l’objectif 17 des ODD, qui est celui de partenariat pour la réalisation des objectifs. L’association met sur pied actuellement une plateforme numérique de collaboration entre les acteurs du recyclage et les entreprises au Cameroun. Cette plateforme numérique va réunir toutes les initiatives qu’elles soient individuelles, avec des PME, avec des communautés, avec des scientifiques afin de créer une base de données des acteurs du recyclage au Cameroun et publier les informations sur les initiatives en matière de gestion environnementale et de recyclage.

L’association compte aussi mettre sur pied d’ici 2019 une application qui facilitera la gestion des déchets entres entreprises et recycleurs.

Un des derniers projets de l’association est la mise sur pied d’un plan de cogestion de l’environnement avec 130 entreprises de la zone industrielle de Douala pour valoriser les déchets.

Questions et réponses

A Hélène Valade, Directrice du Développement Durable, Suez: Quelle est la spécificité de former à de nouveaux métiers sur le  recyclage et comment le groupe Suez s’engage sur cela ?

Les métiers de Suez sont en train de changer et nécessitent de nouvelles compétences, qui sont les compétences digitales car l’économie circulaire est avant tout digitale et il faut être en mesure de s’approprier cette technologie. Ensuite, il faut acquérir des compétences qui permettent de faire des transformations chimiques qui sont utiles dans les transformations de plastiques. Il est important d’impliquer la population interne de l’entreprise dans ces nouveaux changements et ces nouvelles formations.

Quels sont les défis du traitement des déchets électriques et électroniques et leur incidence sur le traitement des métaux rares?

Le sujet est vaste, mais quand on prend l’exemple des téléphones portables, il faut souligner que ces appareils contiennent énormément de métaux qui peuvent être récupérés. Pour se faire, il faut que les industriels partent les chercher, c’est pourquoi Suez a signé un partenariat avec Bouygues afin d’inciter les consommateurs à ramener leurs portables dans les boutiques pour qu’ils puissent être traités de façon particulière dans des usines spécifiques. La difficulté au niveau du traitement des déchets électriques et électroniques se situe au niveau de la collecte.

Quelles sont les conséquences de la fermeture du marché chinois sur le plastique ? Comment Suez traite les déchets plastiques dans les pays en développement ?

Le plastique constitue un enjeu immense et partout où Suez est implantée, elle s’occupe des déchets plastiques. Aujourd’hui Suez met l’accent sur le nettoyage de plage dans un certain nombre de pays où elle est implantée en collaboration avec des ONG locales et des salariés de l’entreprise. Il y a aussi des solutions qui se mettent en place un peu partout notamment l’arrêt des microfibres de plastiques car c’est ce qui pollue énormément les océans. Après il faut mettre l’accent sur la sensibilisation de toutes les parties prenantes.

Comment est traitée la toxicité dans les activités du groupe ?

Ce sujet est extrêmement réglementé, et il est pris en compte dans la réintégration et dans la réincorporation. C’est un sujet sur lequel il y a beaucoup d’interrogations dans un certain nombre de pays parce qu’on se demande s’il est un frein justement à la réintégration et à la réincorporation. Mais c’est toujours la logique de précaution qui l’emporte. C’est pourquoi le taux de réincorporation doit être extrêmement différencié et précisé en fonction des matières considérées.

Comment déployez vous votre stratégie d’économie circulaire au niveau régional avec des spécificités ?

Suez partage une réflexion avec tous ces clients. Quand on prend l’exemple du Maroc, on se rend compte que le sujet des décharges de déchets est un vrai enjeu. La question primordiale qui se pose est de savoir comment faire pour transformer les décharges en centres de traitement voire de valorisation de déchets avec des problématiques extrêmement spécifiques ,sachant qu’une décharge est souvent un lieu de vie, d’économie informelle faisant vivre les chiffonniers. C’est pourquoi il est hors de question de bouleverser les habitudes. Suez a donc essayé de concilier économie informelle et formelle en mettant en place une coopérative de trieurs avec les autorités locales et les chiffonniers eux-mêmes. Une action qui permet aux chiffonniers d’être dotés d’équipements de sécurité qui sont nécessaires pour exercer leur profession. Ensuite, des démarches sont entreprises pour qu’ils acquièrent une sécurité sociale. Ces actions permettent de faire évoluer la décharge à une unité qui peut devenir unité de valorisation, de récupération de chaleur.

Que pensez-vous de l’atteinte des  ODD notamment l’ODD 12 ?

Les ODD sont une super boussole pour tous les pays du monde, et les pays du sud devraient apprendre des pays du nord et vis-versa. Les ODD constituent un langage commun pour tous les pays.

Comment peut-on mobiliser les PME sur ces questions d’économie circulaire et d’ODD ?

L’économie circulaire est vraiment efficace lorsqu’elle se met en œuvre vraiment à la maille d’un territoire voire d’une commune. L’association de l’ensemble des acteurs présents pour la construire est très importante. Les agriculteurs par exemple sont important dans ces boucles d’économie circulaires. Suez a mis en place un plan qui permet la récupération de chaleur.

A Ismaël ESSOME, Président Fondateur de Madiba & Nature: Que faites vous des bouteilles en plastiques lorsque la pirogue est arrivée en fin de vie ?

Il faut signifier que les pirogues ecobats ont une durée de vie très longue vu que les bouteilles mettent près d’une centaine d’années avant de se dénaturer. Madiba & Nature s’occupe de l’entretien des pirogues, et travaille sur des processus plus durables afin d’améliorer la fabrique des bateaux.

Est-ce que l’économie circulaire est enseignée dans les écoles au Cameroun ?

L’association est l’une des rares organisations qui dédie ses actions à l’économie circulaire au Cameroun.  Il y a eu quelques sujets de recherches qui ont été fait par les universitaires sur les enjeux de l’économie circulaire. Dans les universités, le programme des environnementalistes est plus axé sur la gestion de l’environnement et des  déchets mais moins sur celui du recyclage. Madiba & Nature essaie de déployer un programme d’éducation environnementale avec des écoles qui acceptent de collaborer avec l’association telle que l’école américaine de Yaoundé. L’association organise aussi des séminaires avec des étudiants autours des instituts et à travers ces actions, Madiba & Nature espère inciter les pouvoirs publics à incorporer la question d’économie circulaire dans le système éducatif.

Au Professeur Lotfi CHRAÏBI, Coordinateur filière génie éco-énergétique et environnement industriel – ENSA Tanger: Est-ce que l’économie circulaire est enseignée dans les écoles au Maroc ?

Pour la réussite de toute démarche d’économie circulaire dans un pays, la question de l’éducation et de la formation est un volet très important. En ce qui concerne le Maroc, il existe des formation d’ingénieurs, de MBA…, écologie industrielle et à l’intérieur de ces formations, il existe un module développement durable en entreprise qui aborde les différents aspects, notamment la notion d’économie circulaire, ou encore un module spécifique de gestion de déchets industriels qu’on oriente de plus en plus vers l’économie circulaire.

Comment peut-on mobiliser les PME sur ces questions d’économie circulaire et d’ODD ?

Il existe plusieurs initiatives, de green innovation qui vont dans le sens de l’économie circulaire. Il existe très souvent des PME qui portent des initiatives sous forme de montage de projet et qui ont besoin d’accompagnement et d’aide pour la réalisation de leur projet.

Ressources documentaires

Vidéos:

Ministère des Affaires Étrangères Suisse, 2016, 17 objectifs pour un monde meilleur

Nations-Unies, 2016, 17 objectifs pour transformer notre monde

Documents et liens:

Nations-Unies, Les Objectifs du Développement Durable, site Internet, liste complète avec les cibles

Nations-Unies, 2015, Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030

Nations-Unies, 2017, Rapport sur les Objectifs du Développement Durable

Commission économique pour l’Afrique (CEA), 2015, communiqué de presse

B&L Evolution, 2016, Objectifs du développement Durable des Nations-Unies, les entreprises se mobilisent !

B&L Evolution, 2016, Entreprises, contribuez aux Objectifs du développement Durable

SDG Compass, le guide des ODD à destination des entreprises (SDG Compass dans les autres langues)

Global compact, 2015, SDG Industry Matrix

Biographies

Depuis janvier 2014, Hélène Valade est Directeur du Développement Durable de Suez. Elle est également Vice-Présidente du C3D (Collège des Directeurs du Développement Durable) qu’elle a co-fondé en 2007. Elle a été Présidente de la Plateforme RSE installée par le Premier ministre en juin 2013, pour le mandat 2016-2017. Elle est diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Paris et est détentrice d’une maîtrise de Sciences Politiques et d’un DEA d’histoire contemporaine. Entre 1995 et 2005, elle dirige successivement le Département Opinion Publique de l’IFOP puis le pôle Opinion de TNS Sofres. En 2005, elle entre à Lyonnaise des Eaux pour créer la Direction du Développement Durable.

Expert mondial des métiers de l’eau et des déchets, SUEZ accompagne les villes et les industries dans l’économie circulaire pour préserver, optimiser et sécuriser les ressources essentielles à notre avenir. Expert des métiers de l’eau et des déchets depuis 160 ans, présent sur les 5 continents, SUEZ met toute sa capacité d’innovation au service d’une gestion performante et durable des ressources. Le Groupe accompagne ses clients dans le passage d’un modèle linéaire qui surconsomme les ressources à une économie circulaire qui les recycle et les valorise.
Plus d’information sur le site internet du groupe

Ismaël Essome est Camerounais et Ingénieur environnementaliste. Passionné par la conservation de la nature, il a fondé Madiba & Nature, une organisation à but non lucratif où il coordonne des recherches sur des processus de recyclage des déchets afin d’assurer la conservation de la nature en Afrique. Avec des collaborateurs, il poursuit les recherches pour perfectionner la pirogue écologique qu’il a mise sur pied. Autodidacte et passionné de nouvelles technologies, il partage son expérience avec d’autres jeunes à travers un programme d’éducation environnementale et des consultations.

Le projet Madiba & Nature, vise la mise sur pied d’un système de gestion durable des déchets plastiques sur les plages  et dans les villes, quelques unes des ses réalisations ont été :

  • D’instaurer un premier système de gestion et de valorisation des déchets plastiques entièrement basé sur les communautés locales ;
  • De lancer un programme d’éducation environnementale avec un module de coaching de jeunes étudiants et d’ingénieurs au développement personnel et l’entrepreneuriat dans les domaines du green business.
  • De développer un programme de Suivi écologique et d’écotourisme communautaire sur les plages du village de pêcheurs de Londji ;
  • Recyclage des déchets plastiques en pirogues écologiques en plastiques utilisé pour la pêche et l’écotourisme.

Plus d’information sur le site Madiba & Nature

Le Professeur Lotfi Chraïbi est Professeur d’Enseignement Supérieur à l’Université Abdelmalek Essaadi, Responsable de l’équipe de recherche : Modélisation, Mesure et Analyse des performances des organisations à l’Université Abdelmalek Essaadi. Il est également Président de l’Association Marocaine pour un Environnement Durable et Président du comité d’organisation de l’évènement annuel « Journées Développement Durable » organisées à Tanger – Maroc ( 10 ème édition en cours). Il est Membre de la Commission RSE et Economie Verte de la CGEM Tanger Tétouan Al Hoceima et Directeur de la Formation d’Ingénieur Génie Eco-Energétique et Environnement Industriel – ENSA Tanger

Ingénieur, diplômé de l’Ecole Centrale de Lille, filière entrepreneuriat et management d’entreprises, Sylvain Boucherand commence sa carrière comme auditeur financier au sein du cabinet Mazars à Paris après un court passage dans l’industrie. Il prend conscience très tôt des enjeux environnementaux et de développement durable, et en fait sa spécialité à travers notamment des associations qu’il a dirigées. Il fait partie des pionniers travaillant sur les démarches structurées d’innovation pour les modèles d’affaires intégrant la responsabilité sociétale, la biodiversité et les services écologiques. Il accompagne ainsi entreprises et collectivités dans l’intégration des enjeux RSE, ODD et biodiversité à leur stratégie et à l’identification et aux stratégies parties prenantes ou reporting, alliant la pédagogie à la technique pour assurer un changement en profondeur. Il a également un fort engagement associatif et sociétale pour le développement durable.

 

 

Notre partenaire pour ce cycle

Les entreprises et les collectivités qui ont l’ambition de se développer de manière durable font confiance à l’équipe d’experts de B&L Évolution depuis plus de 6 ans. La société de conseil intervient à leurs côtés sur les stratégies d’innovation et démarches RSE, Énergie et Biodiversité grâce à des méthodologies sur mesure. B&L Évolution accompagne en particulier les directions générales, directions RSE ou du développement durable et les élus sur :

  • L’implication sociétale et la contribution aux Objectifs de développement durable (ODD)
  • L’identification des enjeux économiques, sociaux et environnementaux et des parties prenantes
  • La construction d’une stratégie et la transformation vers de nouveaux modèles économiques durables
  • La définition, le déploiement et l’animation de plans d’action
  • La production d’études, de benchmarks et d’analyses sectorielles

B&L évolution s’engage pour les ODD :
Très investis sur la mobilisation des acteurs pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable de l’ONU (ODD), B&L Evolution a réalisé par exemple des états des lieux de la contribution des entreprises à cet agenda international (via leur démarche RSE, d’innovation ou encore leurs actions de mécénat et leurs partenariats). Ils accompagnent également les entreprises, petites et grandes, pour la compréhension et l’intégration des ODD. Leur métier de conseil et leur engagement leur confèrent un devoir d’exemplarité qui est au cœur de leurs engagements. C’est pourquoi ils ont mis en place une démarche interne qui s’inscrit dans ces 17 objectifs.

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