ÉVÉNEMENTS EN LIGNE

COMPTE-RENDU DU WEBINAIRE
Le reporting non-financier : présentation de la GRI G4 [Global Reporting Initiative] et témoignage de Lydec [Maroc]

Le 24 juin 2016 - ,

Intervenantes

Juliette Gaussem, 

Relations entreprises et parties prenantes, GRI

Caroline Orjebin-Yousfaoui,

Responsable Développement Durable, Lydec

Supports de présentation

Juliette Gaussem

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Caroline Orjebin-Yousfaoui

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Enregistrement du webinaire

Intervention de Juliette Gaussem

Intervention de Caroline Orjebin-Yousfaoui

Compte-rendu

Le 24 juin 2016, s’est tenue une webconférence sur le reporting non financier et les GRI G4, dernière version des lignes directrices de la Global Reporting Initiative.

Juliette Gaussem a tout d’abord présenté Global Reporting Initiative, structure indépendante qui a pour but d’aider les organisations à comprendre et à communiquer sur les impacts qu’elles génèrent sur l’environnement, la société ou l’économie. Le standard international du GRI est formalisé au sein des lignes directrices, que plus de 6000 organisations utilisent pour informer leurs parties prenantes. Aujourd’hui, une part importante des grandes entreprises communiquent sur leurs informations financières mais également sur leurs informations extra financières. Le but de GRI est que chaque décideur puisse avoir accès à un grand nombre d’information de qualité afin de pouvoir prendre des décisions éclairées. Les lignes directrices du GRI reposent sur un principe unique d’engagement avec de multiples parties prenantes; le réseau des nombreuses organisations collaborent ainsi pour déterminer et faire évoluer ces normes.
Plus de 33000 rapports, provenant de plus de 90 pays, sont présents sur la base de données du GRI qui est en accès libre : http://database.globalreporting.org/search.

Après cette introduction, Juliette Gaussem a présenté la philosophie des lignes directrices du GRI G4, 4ème version ayant intégré un certain nombre d’indicateurs depuis la première version. Dans cette version 4, le principe de pertinence (ou de matérialité) a été introduit et est au cœur du référentiel; le but étant que les rapport soient de plus en plus ciblés et stratégiques. Ce principe implique que le rapport doit porter et se focaliser sur les aspects qui reflètent les impacts les plus importants de l’entreprise ou qui influent de manière significative sur les évaluations et décisions des parties prenantes.
Les GRI G4 fournissent de nombreuses indications sur les éléments généraux d’informations mais également décrivent le process permettant de sélectionner les aspects les plus pertinents (analyse de matérialité) qui seront ensuite détaillés au travers d’éléments spécifiques d’informations (de façon qualitative et quantitative).
10 principes de qualité et de contenu sont également à respecter lorsque le reporting est réalisé en lien avec les GRI G4 afin que les rapports soient comparables au niveau international.

Juliette Gaussem a ensuite détaillé le document “Prêt à rendre des comptes qui présente un processus en 5 étapes, contenant des check lists, des témoignages d’entreprises et des conseils:

  • Préparation du rapport
  • Dialogue avec les parties prenantes
  • Élaboration du rapport
  • Contrôle de l’information collectée
  • Compte-rendu

En plus de ce document général, 10 suppléments sectoriels sont disponibles ainsi que d’autres sur des sujets très particuliers.

Aujourd’hui, une transition vers sept standards interdépendants est en cours notamment grâce aux retours des parties prenantes du GRI (date prévisionnelle de mise en œuvre: janvier 2018). Le contenu ne changera pas; seule la présentation sera modifiée. Le but est de pouvoir réviser plus facilement les informations sur les différents sujets sans avoir à sortir une nouvelle version et en évitant que les entreprises aient à changer leurs process. Grâce à cette nouvelle organisation, de nouveaux standards interdépendants pourront être développés mais les exigences minimales resteront inchangées.

Toutes les ressources et les documents sont téléchargeables gratuitement sur le site du GRI à l’adresse suivante et sont disponibles dans de nombreuses langues: https://www.globalreporting.org/Pages/resource-library.aspx

Il est possible de collaborer avec GRI au travers du GRI GOLD Community Program.

Suite à cette présentation de la GRI G4, Caroline Orjebin-Yousfaoui a apporté un témoignage sur la démarche de reporting RSE de Lydec, filiale de Suez au Maroc, s’articulant autour de la GRI.

Lydec est un opérateur économique opérant sur le grand Casablanca en charge de la gestion déléguée des services d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’électricité et aux éclairages publics. De par ses missions, la démarche sociétale du projet d’entreprise s’impose d’elle même.

L’enjeu RSE s’inscrit dans les activités de l’entreprise depuis le départ. En 2007, un premier référentiel développement durable a aboutit à un premier plan d’action en 2009. En 2012, un nouveau projet d’entreprise “Synergies 2020”, est articulé autour des 6 enjeux prioritaires de l’entreprise, visant à renforcer l’ancrage des activités de Lydec au cœur des défis sociaux et environnementaux de son territoire. La consultation des parties prenantes est au cœur de la démarche et a débouché sur un nouveau plan d’action et une politique de contribution aux enjeux du territoire.

En septembre 2016, un premier rapport développement durable sera disponible. Cette publication constitue une étape clé de transparence vis à vis des parties prenantes, fondamentale dans la démarche RSE .

La conformité avec des référentiels tels que GRI est un moyen de donner une crédibilité et une lisibilité des actions RSE en externe mais c’est aussi en interne le moyen de diffuser le réflexe RSE. C’est également un moyen de contribuer à la performance économique et stratégique de l’entreprise car la mise en conformité permet de s’inscrire dans un ensemble de démarches de valorisation, de reconnaissance et de labellisation qui permettent elles-mêmes d’améliorer le suivi de la performance de l’entreprise. Le reporting RSE est pleinement intégré à la stratégie de l’entreprise.

La mise en œuvre d’un reporting basé sur les GRI G4, de par son côté international, permet une comparaison avec les autres entreprises. Elle nécessite la réalisation d’une cartographie des parties-prenantes selon leurs attentes en lien avec la stratégie existante ainsi qu’une analyse de matérialité, c’est à dire une mise en cohérence des enjeux RSE avec les attentes de ces parties prenantes.

Au Maroc le reporting extra financier est un enjeu émergeant sous l’influence du Conseil Economique Social et Environnemental du Maroc qui a réalisé une auto-saisine sur la responsabilité sociétale des organisations avec un prisme sur le reporting extra financier, mais également de par la tenue prochaine de la COP 22.

Questions/Réponses:

Quelle est la différence entre le GRI et la Global Compact? Les deux initiatives sont-elles complémentaires?

Le Global Compact est une autre initiative internationale ayant des liens stratégiques avec GRI. Les deux démarches sont complémentaires puisque la GRI propose des indicateurs qui permettent de mesurer les actions entreprises par les organisations sur les 10 principes du Global Compact. GRI collabore avec de nombreuses initiatives afin d’avoir un reporting unique et intégré.

De nombreux documents de liaison avec des initiatives internationales (Global Compact, ISO 26000, etc.) et régionales sont disponibles.

Les données sont-elles disponibles en ce qui concerne le reporting en Afrique?

Il est possible de consulter la base de données afin et d’accéder aux rapports en provenance de l’Afrique mais ce continent n’est pas le premier en matière de reporting.

De nombreuses PME, notamment africaines, ne disposent pas de moyens suffisant pour mettre en œuvre ce type de reporting, comment faire?

Il est vrai que cela demande des moyens mais vous trouverez dans la base de données de nombreux rapport de PME, qui peuvent se concentrer uniquement sur les sujets très importants et centraux. GRI s’attache à aider les plus petites structures grâce à des programmes de learning avec la coordination des plus grandes entreprises.

Comment est organisé le dialogue avec les parties-prenantes de Lydec?

Le dialogue a toujours existé au travers de programmes d’action. La structuration et la coordination de ce dialogue a vu le jour avec le reporting. La cartographie des parties prenantes a permis de mettre en œuvre des outils de suivi et les dialogues avec les parties prenantes ont été uniformisés au sein des différentes directions de l’entreprise.

Quels outils utilisez-vous pour effectuer le suivi du plan d’action?

L’entreprise utilise un carnet de santé RSE qui contient l’ensemble des indicateurs pertinents au regard des objectifs du plan d’action. Ces indicateurs sont choisis en fonction de leur pertinence.

Biographies

Juliette GaussemJuliette Gaussem a rejoint GRI en 2013. Depuis, elle a toujours engagé et construit une relation forte avec les parties prenantes de la GRI dans un grand nombre de pays, dont la France. Une de ses responsabilités est de renforcer la GRIO GOLD Community et l’initiative GRI Corporate Leadership Groups. En outre, Juliette a également travaillé en étroite collaboration avec les bureaux régionaux des différents hubs de GRI pour fournir un soutien à des projets clés. Juliette est française, est diplômée d’une école de commerce, et avant de rejoindre GRI, a travaillé dans le domaine de l’entrepreneuriat social pour le Groupe SOS en France.

La Global Reporting Initiative (GRI) a été établie fin 1997 avec comme mission de développer les directives applicables mondialement en matière de développement durable, pour rendre compte des performances économiques, environnementales et sociales, initialement pour des sociétés puis, par la suite, pour n’importe quelle organisation gouvernementale ou non gouvernementale. Rassemblée par la Coalition pour les économies environnementalement responsables (CERES) en association avec le Programme pour l’environnement des Nations Unies (PNUE), la GRI permet la participation active des sociétés, des ONG, des organismes de comptabilité, des associations d’hommes d’affaires, et d’autres parties prenantes du monde entier. La GRI produit les normes les plus fiables et les plus largement utilisées dans le monde pour le reporting et la communication d’informations non-financières : les GRI-G4. Plus d’information sur GRI @ www.globalreporting.org.

Caroline Orjebin LydecDiplômée en sciences politiques, relations internationales et langues orientales (Institut des Langues et Civilisations Orientales, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Caroline Orjebin-Yousfaoui bénéficie d’une expérience professionnelle dans le domaine du développement durable de plus de 10 ans. Son parcours professionnel entre la France et le Maroc lui a permis de travailler dans différentes de structures (groupe financier international, cabinet conseil en développement durable, think tank spécialisé dans la coopération euro-méditerranéenne) et ainsi d’acquérir une expérience dans différents domaines du développement durable (enjeux territoriaux, RSE, partenariats public/privé etc).

Depuis janvier 2015, elle est Responsable développement durable au sein de Lydec, une filiale de SUEZ basée à Casablanca.

Lydec est un opérateur historique de services publics dans la région du Grand Casablanca, chargé de la distribution de l’eau potable, de l’électricité, de la collecte et du traitement des eaux usées, la collecte des eaux pluviales , l’éclairage public ( depuis mai 2009). Lydec est cotée à la Bourse de Casablanca depuis 2005.

Série 10 webinaires “Fondamentaux de la RSE”

Les thèmes de ce cycle de webinaires sont :

  • Évaluation et gestion des impacts droits humains au travail de l’entreprise – Martine Combemale, Directrice, RH Sans Frontières, 22 janvier 2016
  • Mise en œuvre des Principes directeurs des Nations-Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme  – Charlotte Michon, EDH, 25 mars 2016
  • Les mécanismes de remédiation des instruments internationaux pour la RSE – Jean-Roger Mercier, Consultant évaluations environnementales, 1er avril 2016
  • Évaluation des risques et mise en œuvre d’une démarche santé sécurité au sein d’une entreprise africaine – Dr. Joseph Dieuboué, ISSTE, 29 avril 2016
  • Évaluation des impacts environnementaux et mise en œuvre d’une démarche environnementale au sein d’une entreprise africaine – Marcienne EMOUGOU Rosella, Ingénieure Environnement et Urbanisme, B2EUEP, 6 mai 2016
  • Certification pour la RSE: quels sont les objectifs et les étapes de mise en œuvre – Marie-Claude Drouin, Secrétaire Générale, association RNF (Réseau Normalisation et Francophonie), 19 mai 2016
  • Les standards RSE sectoriels – Cécile Rechatin, Responsable des Politiques Environnementales et Sociales, Société Générale, 10 juin 2016
  • Mettre en œuvre une démarche de dialogue social dans les PME – Lorraine Simard, consultante en management durable et culture RSE et Francine Craig, PDG, Cohésion-RSO, 17 juin 2016
  • Le reporting non-financier: présentation de la GRI G4 (Global Reporting Initiative) – Juliette Gaussem, Global Reporting Initiative (GRI) et Caroline Orjebin-Yousfaoui, Responsable Développement Durable, Lydec, 24 juin 2016
  • Mettre en œuvre une démarche ISO26000 dans une organisation – Pierre Mazeau, Chef de mission RSE à la direction du Développement durable, groupe EDF, 1er juillet 2016

 

 

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