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Compte-rendu “Achats responsables” – Webinaires RSE et PED et RHSF des 19 octobre 2013 & 14 décembre 2013

Le 14 décembre 2013 -

Ce webinaire en 2 parties fait partie de notre programme de webinaires pour diffuser plus largement la RSE au Sud, parmi “Les piliers de la RSE”.

Il est le fruit d’un partenariat entre RSE et PED et RH Sans Frontières, ONG de terrain pour promouvoir le respect des Droits de l’Homme au travail dans la chaîne de sous-traitance. Il vise à aider via le partage des connaissances les acteurs du Sud à favoriser le développement de pratiques d’achats responsables dans leur pays, pour une économie qui profite aux populations.
Les sessions ont eu lieu les 19 octobre et 14 décembre 2013, réunissant au total 30 participants, connectés depuis la Chine, le Maroc, la RD Congo, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Bénin et la France.

Présentation du webinaire

Dans une ère de demande toujours croissante, de fort développement du commerce mondial et de recherche de prix toujours plus bas, les chaînes d’approvisionnement trouvent de plus en plus souvent leur origine dans les pays émergents et en développement.
Ceci crée des opportunités de développement économique pour ces pays, mais est trop souvent à l’origine de mauvaises conditions de travail, de violations des droits fondamentaux au travail, et de non-respect pour l’environnement.
Il est nécessaire que les entreprises donneuses d’ordre mettent en place des politiques d’achats responsables fortes. Donner les clés de telles politiques est l’objet de ces 2 webinaires “Achats responsables”.

19 octobre 2013 – 1er webinaire “Achats responsables”, animé par Joëlle Brohier Meuter

  • Les grands aspects contextuels d’une politique d’achats responsables et les grands éléments
  • Quelques grandes tendances sectorielles ainsi que des exemples
  • Les aspects environnementaux – en particulier sur l’approvisionnement en matières premières.

14 décembre 2013 – 2ème webinaire “Achats responsables”, animé par Martine Combemale, Directrice RH Sans Frontières

  • Qu’est-ce qu’une politique d’achats stratégique?
  • Les audits
  • Les limites des démarches classiques
  • Une méthodologie pour aller au-delà – en particulier les aspects ressources humaines.

Les discussions seront consacrées à comment les acteurs du sud peuvent améliorer les pratiques actuelles, et comment faire des achats responsables une opportunité pour l’Afrique.

Compte-rendu

Voici une synthèse des questions et remarques très riches et variées des participants :

A propos des initiatives collectives

Elles ont très peu d’impacts sur l’élimination du travail des enfants : cf. le rapport au Nicaragua (culture du café) sur le site de RHSF. Les entreprises ont lancé des politiques internes pour résoudre ce problème du travail des enfants.

Autour des démarches entreprises d’achats responsables

Les politiques d’achats responsables exigent d’intégrer des préoccupations sociales et environnementales dans les achats, ainsi que d’encourager l’achat local. Ce qui peut poser problème lorsque les fournisseurs locaux rencontrent des difficultés pour intégrer les aspects sociaux et environnementales dans leur production.
Il est primordial que les marques et donneurs d’ordre soutiennent les fournisseurs pour pallier au manque de ressources pour le renforcement des capacités. Les ONGs et autres organisations peuvent être un bon appui pour faire le lien/encourager le dialogue entre fournisseurs et donneurs d’ordre.
Les démarches collaboratives sont positives mais ne sont pas suffisantes : il faut aussi un cadre légal fort ainsi qu’une implication de tous les acteurs (entreprises, acteurs locaux tq chambres de commerce, ONGs,….).
Remarque issu d’un rapport de la CGECI (Côte d’Ivoire) sur les relations entreprises multinationales et PME locales :

  • Les EMN demandent de plus en plus aux PME locales d’avoir des pratiques responsables en matière de production
  • Ces petites entreprises ont besoin d’être accompagnées : renforcement de capacités, cadre légal, démarches de certification accessible,…
  • Les donneurs d’ordre doivent accompagner leurs fournisseurs dans ces approches.

Les certifications

Les coûts liés à la certification sont un frein à l’engagement des petites entreprises. Pour y remédier plusieurs possibilités :

  • Mettre en place des incitations comme l’aide au financement à la mise en place d’une démarche RSE, des incitations fiscales, légales,… Cf au Maroc l’initiative de labellisation (label CGEM).
  • Intégrer des démarches collectives de certification (cf. UTZ) ou des coopératives, ce qui permet de partager les coûts.
  • Se faire aider par des ONGs : cf. les actions d’appui de la GIZ très active dans l’aide aux démarches RSE.

Par ailleurs, la certification n’est pas valorisée par le marché : les consommateurs souhaitent des produits responsables mais sans surcoût. Les entreprises ne s’y retrouvent pas, notamment en terme de gain financier. Souvent elles ne renouvellent pas leur démarche.

En Afrique, on remarque que seules les grandes entreprises (majoritairement multinationales) s’engagent dans des démarches de labellisation. Par exemple AZITO, NESTLE, SIFCA, AZITO ou SCB en Côte d’Ivoire. Au Cameroun, seules 8 entreprises se sont engagées dans une certification 14001, toutes des multinationales.

Remarque à propos du tourisme responsable

Le tourisme responsable est dans l’intérêt des pays pauvres, mais ce tourisme est-il durable ? Dans cette forme de tourisme en faveur des pays dits pauvres, comment combiner les réalités socioculturelles et les exigences des touristes. Notamment:

  • Les touristes ou visiteurs étrangers peuvent-ils faire fi d’un minimum de qualité ? (le cas des toilette vraiment insalubres). Dans les faits les touristes ne vivent pas selon les modes de vie locales.
  • Cette forme de tourisme responsable peut-elle vraiment faire vivre les acteurs des pays pauvres ? En effet, les emplois créés par cette forme de tourisme ne valorisent pas les savoirs des communautés locales et traditionnels, et ne mettent pas en valeur les richesses existantes.

Travail dans la chaîne de sous-traitance

Les audits ne reflètent pas la réalité sur terrain concernant les violations des normes internationales dans les pratiques, souvent dénoncées par les ONGs. Voir le travail des enfants dans les mines au Katanga en RD Congo, décrié par les ONGs et jusque là sans solution.
Face au travail des enfants, il n’existe pas de solution toute faite, mais il y a une méthodologie. Par exemple RHSF a développé avec IIECL une méthodologie sur 2 axes :

  • Éducation : travail avec les communautés locales sur le travail des enfants (sensibiliser sur les tâches à confier ou trop risquées). Former les jeunes à des métiers liés à l’agriculture (ouvrir à d’autres voies).
  • Travail avec les donneurs d’ordre sur leur connaissance de leur chaîne d’approvisionnement.

Autre exemple en Inde, concernant les enfants qui font le recyclage et fouillent la journée entière les décharges publiques: l’organisation oblige les enfants à passer 2h en cours sur le lieu où ils apportent les articles. L’accord entre les entreprises et les familles porte non seulement sur le montant à payer, mais aussi sur l’obligation de scolariser.

Biographies

Martine Combemale
Titulaire d’un Master en audit d’entreprise et de plusieurs diplômes dans les droits humains et les droits des enfants, Martine Combemale a plus de vingt ans d’expérience dans l’audit de l’entreprise, ainsi que dans le développement et l’évaluation de méthodes et de systèmes de surveillance. Son expérience inclut le travail en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans toutes les régions d’Europe. Elle a occupé le Chef de projet, chez Vigeo, l’agence de notation française. Elle est également Directrice d’audit et Chef des opérations en Europe de la IIECL (Initiative pour mettre fin au travail des enfants).

Martine Combemale est co-auteur du “Que sais-je?” Volume sur “audit social” (publié en 2012).

Joëlle Brohier Meuter
Joëlle a débuté dans la RSE en 2002 après 11 ans de Marketing chez Unilever et Havas. Elle a étudié le développement durable à Hong Kong et à Londres. Elle fait conseille des entreprises et autres organisations sur leur RSE depuis 2005, à Bangkok, puis Singapour, et maintenant Shanghai. Elle a co-fondé en 2006 www.RSE-et-PED.info, site pionnier d’information sur la RSE dans les pays en développement.
Joëlle travaille sur de nombreux projets RSE dans la chaîne d’approvisionnement en particulier en Asie : textile, électronique, alimentaire, matières premières, produits chimiques. Elle a aide des marques et leurs fournisseurs à atteindre des résultats tangibles grâce à des démarches d’engagement positif, d’évaluation, de formation, et de progrès continu.

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