ÉVÉNEMENTS EN LIGNE

COMPTE-RENDU, VIDÉOS, PRÉSENTATIONS
Retours d’expériences de Carrefour et Pernod Ricard

Le 20 octobre 2017 -

Intervenants

Noémie Bauer, Global CSR Manager, Pernod-Ricard [France]

Bertrand Swiderski, Directeur RSE, Groupe Carrefour [France]

Modération: Sylvain Boucherand, B&L Évolution

 

Vidéos

Introduction de Sylvain Boucherand, B&L Evolution:

Intervention de Noémie Bauer, Pernod Ricard:

Intervention de Bertrand Swiderski, Groupe Carrefour:

Session de questions/réponses:

Présentations

Présentation de Noémie Bauer, Pernod Ricard :

 

 

 

 

 

Présentation de Bertrand Swiderski, Groupe Carrefour :

 

 

 

 

 

Compte-rendu

Diffusé le 20 octobre 2017, ce webinaire est le deuxième du cycle « Objectifs du Développement Durable (ODD) et entreprises », organisé en partenariat avec B&L Evolution, société de conseil spécialisée en développement durable. Il a pour objectif d’évaluer comment les ODD peuvent influencer les stratégies des entreprises et comment celles-ci peuvent intervenir pour contribuer à leur réalisation.

Nous avons eu la joie d’accueillir Noémie Bauer, Global CSR Manager chez Pernod-Ricard ainsi que Bertrand Swiderski, Directeur RSE du Groupe Carrefour. Sylvain Boucherand de B&L Evolution, notre partenaire pour l’organisation de ce cycle, modérait le webinaire.

Sylvain Boucherand a introduit le webinaire et a informé les participants de la publication d’une étude menée par B&L Evolution en partenariat avec le Ministère de la transition écologique et solidaire ainsi qu’avec le Global Compact France qui fait l’état des lieux de l’engagement des entreprises pour les ODD. De nombreuses entreprises ont pris part à cette étude notamment les groupes Pernod-Ricard et Carrefour.

Noémie Bauer, Global CSR Manager chez Pernod-Ricard (Plan de l’intervention ci-dessous)

  • Présentation du groupe Pernod-Ricard
  • Les enjeux que représentent les ODD pour le groupe
  • Les ODD soutenus par le groupe
  • La communication et le reporting mis en place sur les ODD suivis

Pernod-Ricard, 2ème leader mondial dans les vins et spiritueux (Malibu, Absolut Vodka, etc.) emploient 18 000 collaborateurs dans 85 pays avec un chiffre d’affaires de 9 milliards € en 2016. Le groupe fut créé par l’entrepreneur Paul Ricard qui plaçait l’humain au cœur de son entreprise. Ainsi, la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) appelée chez eux ‘’Sustainability and Responsability’’ est au cœur de la stratégie business du groupe.

Noémie Bauer a présenté les 4 piliers de leur engagement RSE:

  • Les employés placés au cœur de leur engagement
  • La promotion d’une consommation responsable
  • La protection de la planète, le respect du terroir et des ressources naturelles
  • Le développement de leurs communautés et l’engagement de leurs partenaires

‘’Les ODD pour Pernod-Ricard sont une opportunité incroyable – affirme Noémie Bauer – c’est en effet la première fois que l’ONU reconnait le rôle du secteur privé, d’où l’importance de tous se mobiliser pour les ODD’’.

La question qui se pose souvent est comment savoir quels ODD soutenir ?

Pernod-Ricard a utilisé le guide SDG Compass, (traduit par le Global Compact en français), qui contient 834 indicateurs business très utiles pour identifier les ODD sur lesquels agir en fonction de ses actions RSE. Suite à cette étude, le groupe a identifié 14 ODD qui sont liés à leur engagement RSE. Les ODD ne s’opposent pas à la RSE mais représentent un autre langage.

Noémie Bauer prend l’exemple du programme ‘’Safe road 4 youth’’

‘’Safe road 4 youth‘’ est un projet de recherche qui démontre l’impact des actions menées par les communautés dans la prévention de l’alcool au volant chez les jeunes. Le public de ce programme est composé de communautés locales vulnérables. Le groupe répond donc à l’ODD numéro 1 qui est l’éradication de la pauvreté et souhaite sensibiliser et éduquer ces communautés contre les risques de l’alcool au volant. L’ODD numéro 3 sur la santé est également impliqué puisque le programme vise à limiter l’usage abusif de l’alcool pour également tendre vers une meilleure sécurité routière. Enfin, les ODD numéro 4 et 17 sont également visés, de par le programme d’éducation et les partenariats avec des ONG réputées. Les ODD permettent d’étendre les actions et impliquent la co-construction entre acteurs.

Un second exemple mis en avant a été celui d’une des marques de Pernod-Ricard: l’Absolut Vodka, boisson produite dans un petit village du sud de la Suède. Tout provient de ce village, le blé, l’eau…et tout est fabriqué sur place. Dans quelles mesures la production de cette vodka contribue-t-elle aux ODD ? Pernod-Ricard a choisi de connaitre tous les fermiers de la production en les aidant à améliorer leurs cultures afin qu’ils puissent vendre à d’autres acteurs économiques et éviter une situation de pauvreté. Le groupe a réduit de 50% son énergie depuis 2004, œuvre également à diminuer et à compenser ses émissions carbones (ODD numéro 13). Les ODD sont à l’origine de projets à circularité vertueuse (production locale, compensation carbone, revalorisation des déchets, etc.).

La communication des ODD tient une place importante au sein du groupe. Les ODD sont en effet mal connus alors qu’ils représentent un outil très intéressant. Le groupe utilise le SDG industry Matrix du Global Compact et de KPMG, qui selon l’industrie, compile les « best practices » et permet à l’entreprise de se mobiliser pour voir quelles actions contribuent aux ODD.

Pernod-Ricard communique également auprès de ses investisseurs, pour les sensibiliser à la concordance entre les 10 principes du Global Compact, leurs actions RSE et les ODD. Les ODD s’adressant également aux citoyens, Pernod-Ricard s’est engagée à publier sur les réseaux sociaux des histoires d’actions RSE liées aux ODD. Ceux-ci sont donc vulgarisés pour le grand public.

Concernant le reporting, le Global Compact et le GRI ont créé une initiative afin de créer un langage unique. La difficulté aujourd’hui est que chaque entreprise a son propre langage, ainsi, il est complexe de les comparer. Ces deux acteurs ont donc créé une norme commune pour les ODD (‘’An analysis of the goals and targets’’) en ayant repris les différents référentiels qui existaient et ont identifié les actions sur lesquelles il est possible de reporter dans le cas des ODD.

Prochainement, un guide pratique sera publié sur cette norme et expliquera ce cadre de reporting.

Noémie Bauer conclut ‘’il y a un Momentum d’agir et d’agir vite, on est à 5000 jours avant 2030, les objectifs sont ambitieux, tout le monde doit agir tous ensemble et on doit s’allier pour pouvoir changer les choses’’.

Bertrand Swiderski, Directeur RSE du groupe Carrefour (Sommaire de la présentation ci-dessous)

  • Présentation des ODD du groupe
  • Comment le groupe Carrefour s’est approprié le sujet des ODD
  • Comment la stratégie rentre dans les ODD et comment elle répond à certains objectifs
  • Illustration de ce qu’apporte les ODD dans la relation avec les partenaires

‘’Bien faire son métier’’ c’est le nom de notre approche RSE, car si chaque salarié fait bien son métier, cela contribuera à la démarche RSE du groupe et donc aux ODD et c’est vraiment les ODD qui donnent du sens à notre stratégie. La stratégie RSE Carrefour se définit en 4 axes (définis en fonction de la matérialité des différentes thématiques par rapport aux métiers du groupe).

  • Quelques objectifs du groupe:
    • Objectif de 100% des déchets revalorisés d’ici 2025
    • Objectif de – 40% de CO2 d’ici 2020)
    • Objectif de 50% des produits issus de la pêche durable avant 2020

Les ODD et la stratégie doivent être associés. Le groupe Carrefour avec l’aide de B&L a identifié comment sa stratégie arrive à répondre aux ODD. Les objectifs 2, 5, 12, 13, 14, 15 ont été retenus en priorité. Le parti pris de Carrefour est de dire que si la stratégie des entreprises est claire et concrète sur leurs métiers, on répondra tous ensemble aux ODD. Nos actions RSE doivent répondre aux ODD.  Bertrand Swiderski explique que ‘’le groupe Carrefour, ne voulait pas que les ODD soient encore une autre façon de reporter quelque chose mais que ça apporte une réelle valeur ajoutée’’. Les ODD définissent un langage, un vocabulaire commun qui forment des enjeux où les acteurs se retrouvent.

Cette valeur ajoutée est représentée à travers trois enseignements:

  • L’innovation. Les actions mises en place pour répondre aux ODD permettent réellement d’innover. Maintenant, on analyse avec les fournisseurs les ODD que l’on a en commun et sur lesquels on peut se mettre d’accord. Cela facilite la collaboration car on répond maintenant ensemble à un objectif de développement durable.

Exemple : le partenariat du groupe avec le producteur de pâtes italiens Barilla et l’ODD numéro 2 visé, à savoir la lutte contre le gaspillage alimentaire pour Carrefour et l’éradication de la faim pour Barilla. Les deux acteurs ont mis au point un programme de sensibilisation alimentaire en magasins promouvant des recettes entre des légumes avancés et des pâtes.

  • Enjeux communs. Les acteurs ont maintenant des enjeux communs et une stratégie commune, plus globale.

Exemple : Le groupe s’est mis à commercialiser du poulet élevé sans antibiotique ou encore une banane bio et équitable. Ces produits étaient au début rares et peu achetés pour laisser place ensuite à un réel engouement où les ventes se sont accrues pour atteindre aujourd’hui de très bons résultats. Les vendeurs, producteurs et consommateurs répondent maintenant ensemble aux ODD.

  • Compétition positive. On peut noter aujourd’hui un phénomène de compétition positive entre les distributeurs sur les produits qui auront le plus de bénéfices pour la société : être le premier à faire le poulet sans antibiotique, les bananes bio équitable ou encore les fraises sans insecticide après floraison. C’est une compétition qui transforme totalement le marché et répond aux ODD.

Exemple: le projet de marque de consommateurs ‘’C qui le patron’’ réunit des consommateurs qui fixent les critères et les prix des produits. Ceux-ci sont ensuite lancés chez Carrefour, une fois que les ventes ont atteint un quota, le produit est vendu chez d’autres distributeurs. Le marché est donc partagé avec ce type de projets, les concurrents ne se battent pas mais s’alignent pour répondre à un même objectif (on peut par exemple déjà trouver sur le marché une brique de lait, un jus de pomme et des yogourts de la marque C qui le patron).

Questions-réponses

Première série de questions et réponses avec Noémie Bauer:

Y a-t-il d’autres actions de sensibilisation aux ODD avec vos parties prenantes ?

Notre prochain chantier est nos employés et investisseurs. On organise des réunions avec les investisseurs pour échanger et savoir quels sont leurs attentes par rapport aux ODD.

Comment convaincre les PME à s’engager à répondre aux ODD, avez-vous mis en place des actions auprès d’elles ?

Non pas encore. Avec tous les évènements récents, bien sûr tout le monde doit agir…’’il n’y a pas de planète B’’ comme dirait Ban Ki-Moon. Le Global Compact a un programme d’aide aux PME.

Comment s’est articulée la prise en compte des ODD dans l’exercice de matrice de matérialité ou d’analyse des risques ?

Notre matrice de matérialité datant de 2010 a été mise à jour et le processus s’est fait en même temps. Dans le système de correspondance entre les actions RSE et les ODD, nous avons fait un lien et nous sommes en train d’aligner nos engagements RSE aux ODD en termes de langage.

Comment avez-vous identifié vos impacts positifs / négatifs sur les ODD ?

Concernant les impacts négatifs, nous les identifions au niveau du produit ou de la chaine d’approvisionnement. Nos produits sont les boissons alcoolisées et nous voulons lutter contre la consommation abusive (ODD numéro 3), pour répondre à cet objectif et faire face à cet impact, nous mettons en place des programmes de prévention. Grace aux ODD, nous espérons étendre ces programmes.

Concernant les impacts positifs, j’ai parlé de l’exemple d’aide aux fermiers en Suède. Pernod-Ricard représente 2.4 millions de produits agricoles par an, donc on peut vraiment avoir un impact positif sur l’agriculture et on souhaite travailler main dans la main avec nos partenaires agricoles.

Utilisez-vous les réseaux sociaux et notamment Facebook pour communiquer ?

Le groupe utilise LinkedIn et Twitter, notre objectif est d’aller plus loin en se positionnant sur les pages des différentes marques pour sensibiliser les ‘’fans’’ sur les réseaux sociaux.

Comment faites-vous pour ne pas tomber dans le ‘’SDG/ODD-washing’’ ?

Le groupe a mis un an entre l’adoption des ODD et l’annonce publique de ce soutien pour éviter de tomber dans ce ‘’ODD-washing’’. Pendant cette année, nous avons vraiment voulu comprendre les ODD, leurs enjeux et on a pu notamment le faire grâce au guide SDG Compass.

Si on ne peut pas reporter d’une manière significative sur les actions que nous entreprenons, alors il ne vaut mieux pas parler de tel ou tel ODD comme un soutien. Les entreprises ne sont pas attendues à soutenir les 17 ODD, elles ont un rôle à jouer en fonction de leurs secteurs mais il vaut mieux sélectionner moins d’ODD et sélectionner des ODD sur lesquelles on a un rôle significatif.

Quelle est la place des principes directeurs des Nations Unis relatifs aux entreprises des droits de l’hommes dans l’atteinte des ODD et notamment quels liens avec vos actions ?

Les 10 principes du Global Compact sont tous repris dans les ODD, les ODD étant en fait une évolution et une expansion des principes du Global Compact. Pernod-Ricard est une des premières entreprises françaises membres du Global Compact, on a incorporé les 10 principes dans notre stratégie (achats et consommation responsables). Donc toutes ces actions de RSE résumées par les 10 principes du Global Compact suivent leurs cours avec les ODD d’une manière encore plus large parce qu’elles touchent aujourd’hui les citoyens.

Deuxième série de questions et réponses avec Bertrand Swiderski:

Travaillez-vous main dans la main sur les ODD avec d’autres parties prenantes type Association, etc. ?

Oui bien sûr, je vous ai donné pas mal d’exemples avec le consommateur car on est convaincu chez Carrefour que pour transformer le marché et répondre aux ODD, ce qu’il nous faut c’est l’embarquer car lui seul pourra transformer le marché. Mais sinon, les ODD nous servent à dialoguer avec l’ensemble des parties prenantes (exemple de projet de la lutte contre la déforestation en forêt amazonienne avec Greenpeace au Brésil).

Quels ont été les difficultés dans cette démarche avec les ODD ?

La difficulté avec les ODD est de se demander si on doit répondre à tous les ODD ou pas et d’appréhender l’ensemble de la matrice pour identifier ce qui est lié aux ODD. Si on veut être très efficace et changer le marché, il faut se concentrer sur son activité, son cœur de métier.

Concernant les emballages, on voit toujours beaucoup de produits bio sous plastique, est-ce lié à la règlementation ?

Oui, malheureusement nous aimerions ne pas vendre des produits bio sous plastique mais on a une obligation de traçabilité du produit (on ne verrait pas la différence entre un citron non bio et un citron bio). En effet cela ne va pas dans le sens d’une politique bio, ça augmente les charges et n’apporte pas de valeur ajoutée au consommateur. On a quand même apporté une solution de vente assistée dans certains magasins, où ce n’est pas le client qui se sert mais c’est un employé qui prépare la commande.

Concernant les pays en développement, répondez-vous à l’ODD numéro 10 (réduction des inégalités) ?

Bien sûr, nos produits bio et équitables, par exemple, répondent à cet ODD à travers le partenariat que l’on a avec des pays en développement pour un commerce équitable. C’est l’exemple de la banane bio et équitable. Les consommateurs sont plus attirés par le bio mais on a fait exprès de mettre en vente un produit bio et équitable pour répondre notamment à l’objectif numéro 10. Par ailleurs, nous plaçons cette action dans l’ODD numéro 15 (protection de la flore et de la faune terrestre).

Est-ce que vous voyez un intérêt des ODD pour développer un vocabulaire commun et international avec l’ensemble des parties prenantes ?

Exactement, tout l’intérêt des ODD c’est en effet ce langage commun. Il n’existait pas avant les ODD des enjeux internationaux pour l’ensemble des acteurs de la planète. Par ailleurs on ne peut pas les réduire à un vocabulaire commun, ce sont de réels enjeux, c’est aussi une méthode de travail.

Comment est-ce que vous compenser l’impact carbone lié à l’importation des produits notamment comme la banane bio équitable ?

On ne mène pas de projet de compensation de CO2 en tout cas pas pour la banane qui est un produit exotique et ne peut être produit sur le territoire.

Notre choix a été de réduire dans l’ensemble de la chaine d’approvisionnement de 40% nos émissions de CO2 d’ici 2025 et 70% d’ici 2050. Ça demande déjà des efforts colossaux, on en a fait notre priorité. Lorsqu’on en sera arrivé à stabiliser nos émissions de CO2 on envisagera peut-être la compensation carbone.

 

Comment cette démarche de réponse aux ODD a agi sur la rentabilité de l’entreprise ?

Notre stratégie RSE et tous les exemples que j’ai cités ne sont que de la création de valeur. Lorsqu’on arrive à vendre des produits différents qui intéressent le consommateur et qui apportent un bénéfice pour la société de manière globale, c’est bien une création de valeur. Pour nous la RSE est réellement créatrice de valeur. Le message que j’ai voulu faire passer est qu’il fallait qu’on ait un vocabulaire commun, des objectifs communs afin de créer de la valeur commune.

Les fournisseurs sont-ils sensibles à la question des ODD ?

En effet, c’est à nous de leur expliquer que s’ils veulent faire un bout de chemin avec nous, il faut qu’ensemble on trouve une route commune et cette route commune ce sont les ODD. On n’a pas besoin qu’ils soient sensibles. On a besoin qu’ils répondent aux ODD. C’est un travail main dans la main avec nos fournisseurs, c’est à nous de les emmener, pas à pas, et bien sûr le changement ça prend du temps mais je pense qu’on est tous en train de changer.

Troisième série de questions aux deux intervenants:

Comment est-ce que les démarches des ODD ont été initiées, quel a été le facteur déclenchant de ces démarches ?

Bertrand Swiderski: Les ODD sont sortis (2015) et on s’est dit: enfin un langage commun ! On a maintenant une grille de lecture de 17 objectifs pour les enjeux planétaires et maintenant on a tous à y contribuer.

Nathalie Bauer: Pour Pernod-Ricard, ce fut également une évidence, mais si on parle de démarche pratique, la première chose que l’on a fait a été de convaincre et expliquer les ODD à notre top management parce que pour des non-experts de la RSE il y a quand même tout un travail d’éducation à faire de la part du département RSE et par la suite ils ont tous été emballés. Je vous conseille de faire de même parce que le travail du top management est clef pour pouvoir ensuite décliner la stratégie RSE et les ODD.

Quel est le lien qui est fait avec les 10 principes du Global Compact ? (Question pour le groupe Carrefour)

Les 10 principes du Global Compact ont été intégrés dans notre charte, dans nos contrats fournisseurs, on les a vraiment intégrés dans notre stratégie. On reporte, bien sur, annuellement au Global Compact mais on n’a pas fait ce même travail qu’avec les ODD.

Comment vous assurez-vous que les fournisseurs indirects respectent vos engagements sur le développement durable ? (Question pour le groupe Pernod-Ricard)

Tous nos fournisseurs directs et indirects rentrent dans le programme ‘’Blue Source’’ où nos équipes « Achats » leur demandent de signer un ‘’commitment CSR’’, et il y a des audits réalisés, notamment pour les fournisseurs qui nous apparaissent risqués. Mais le devoir de vigilance le souligne, il faut aller encore plus loin, c’est-à-dire qu’il faut bien connaitre sa chaîne de fournisseurs directs et indirects et ensuite s’assurer que l’on fait du business avec des fournisseurs responsables.

Visez-vous la création d’un standard sur le marché concernant les semences paysannes ? (Question pour le groupe Carrefour)

Dans le cadre de notre stratégie de biodiversité, on se pose toutes les questions possibles et, avec ce projet des semences paysannes, on apporte une nouvelle pierre comme on le fait avec la pêche durable pour offrir à nos clients plus de variétés de produits. On a aussi lancé un appel au changement des règles et aujourd’hui il y a une pétition signée par 75 000 personnes. Donc, ça veut bien dire que ce combat qu’on mène pour la diversité, c’est un combat que mènent nos consommateurs ainsi que la société.

Etant 2 multinationales, comment voyez-vous la prise en compte des ODD dans les différents pays, y a-t-il des différences, des pays plus en avance que d’autres ?

Noémie Bauer: Comme on peut le remarquer, lorsqu’on va au sommet Global Compact Monde, il y a des pays qui sont plus avancés comme la Finlande où le gouvernement a mis en place une plateforme digitale afin que toutes les entreprises finlandaises puissent indiquer les initiatives qu’elles mettent en place contribuant aux ODD. C’est une plateforme de collaboration afin que les entreprises, les gouvernements puissent travailler ensemble afin d’étendre tous ces programmes. A part quelques exceptions, on voit que c’est assez hétérogène dans le monde. Les états doivent tous émettre un plan d’actions, ils sont tous assez rapides mais il y a des vitesses différentes entre les pays.

Bertrand Swiderski: Une entreprise responsable, quand elle arrive dans un pays, elle se doit de faire changer les choses, alors c’est vrai que l’on ne part pas du même niveau, mais on doit avoir en ligne de mire, l’envie de faire évoluer les choses. Par exemple, sur les droits de l’homme, nous avons un standard international qui est le même partout et qui change les conditions de travail dans certaines usines par exemple.

Concernant la lutte contre la corruption, avez-vous mis en place des actions spécifiques ?

Noémie Bauer: Le service juridique a créé un code de conduite des affaires (en place depuis 2015) et on a mis un outil de sensibilisation des consommateurs en place sous la forme d’un MOOC (online training platform) pour éduquer avec des vidéos, des exemples concrets, des questions, pour challenger les employés sur ce sujet-là.

Bertrand Swiderski: Il y a une charte de lutte contre la corruption et nous avons un comité d’éthique… et c’est bien sûr chez nous un sujet clef et sur lequel on ne transige pas.

Ressources documentaires

Vidéos:

Ministère des Affaires Étrangères Suisse, 2016, 17 objectifs pour un meilleur monde

Nations-Unies, 2016, 17 objectifs pour transformer notre monde

Documents et liens:

Nations-Unies, Les Objectifs du Développement Durable, site Internet, liste complète avec les cibles

Nations-Unies, 2015, Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030

Nations-Unies, 2017, Rapport sur les Objectifs du Développement Durable

Commission économique pour l’Afrique (CEA), 2015, communiqué de presse

B&L Evolution, 2016, Objectifs du développement Durable des Nations-Unies, les entreprises se mobilisent !

B&L Evolution, 2016, Entreprises, contribuez aux Objectifs du développement Durable

SDG Compass, le guide des ODD à destination des entreprises (SDG Compass dans les autres langues)

Global compact, 2015, SDG Industry Matrix

Biographies

Bertrand Swiderski est le Directeur RSE du Groupe Carrefour. Il est en charge d’accompagner les métiers de l’entreprise à innover et à apporter des solutions dans les 3 axes de la stratégie RSE de Carrefour : lutter contre les gaspillages, protéger la biodiversité et accompagner les partenaires.

Carrefour est un des leaders mondiaux de la distribution

Commerçant alimentaire de référence, Carrefour est présent dans plus de 30 pays avec plus de 12 000 magasins et des sites de e-commerce. Multilocal, multiformat et omnicanal, le Groupe emploie plus de 384 000 collaborateurs dans le monde et a réalisé un volume d’affaires sous enseignes de 103,7 milliards d’euros en 2016. Chaque jour, Carrefour accueille près de 13 millions de clients à travers le monde et s’engage pour la qualité et un commerce plus responsable.

Un groupe international

Pionnier dans des pays comme le Brésil en 1975 ou la Chine en 1995, le Groupe déploie aujourd’hui son activité sur trois grands marchés : l’Europe, l’Amérique latine et l’Asie. Présent dans plus de 30 pays, il réalise plus de 53 % de son chiffre d’affaires hors de France.

Un acteur du développement économique local

Partout où il est présent, le groupe Carrefour est un acteur engagé dans le développement économique local. Parce que le commerce est un métier au contact des populations, il donne systématiquement la priorité au recrutement local et forme sur place ses équipes de managers et salariés.
Le groupe Carrefour est, le plus souvent, un des premiers employeurs privés des pays dans lesquels il est implanté. C’est le cas en France bien sûr, pays d’origine du Groupe, mais aussi dans des pays comme le Brésil, l’Argentine, ou encore l’Italie. Parallèlement, le Groupe privilégie les filières d’approvisionnement du pays. Ainsi, 73 % des produits alimentaires vendus par Carrefour dans les différents pays où il est implanté proviennent de fournisseurs locaux.

Pour un commerce plus responsable

La démarche RSE du groupe dans le monde s’articule autour de 3 piliers : la lutte contre toute forme de gaspillage, la protection de la biodiversité et l’accompagnement des partenaires de l’entreprise.

Noémie Bauer détient un diplôme en droit des affaires à l’UCLA Law School ainsi qu’une maitrise en droit des affaires et management de l’Université Paris II Panthéon-Assas. En 2013, elle a été admise pour exercer la profession d’avocat dans l’Etat de New York. Après divers stages dans différentes entreprises, elle a rejoint Pernod Ricard aux Etats-Unis en 2011 en tant qu’auxiliaire juridique, avant d’occuper le poste de responsable de la RSE et des affaires publiques en avril 2012, regroupant l’Amérique latine et du Nord. Elle a été promue manager du développement durable à Pernod Ricard en janvier 2016.

Pernod Ricard est le n°2 mondial des Vins et Spiritueux, avec un chiffre d’affaires consolidé de 8 682 millions d’euros en 2015/16. Né en 1975 du rapprochement de Ricard et Pernod, le Groupe s’est développé tant par croissance interne que par acquisitions : Seagram (2001), Allied Domecq (2005) et Vin&Sprit (2008). Pernod Ricard possède l’un des portefeuilles de marques les plus prestigieux du secteur : la vodka Absolut, le pastis Ricard, les Scotch Whiskies Ballantine’s, Chivas Regal, Royal Salute et The Glenlivet, l’Irish Whiskey Jameson, le cognac Martell, le rhum Havana Club, le gin Beefeater, les liqueurs Kahlúa et Malibu, les champagnes Mumm et Perrier-Jouët ainsi que les vins Jacob’s Creek, Brancott Estate, Campo Viejo, Graffigna et Kenwood.

Le Groupe compte environ 18 500 collaborateurs et s’appuie sur une organisation décentralisée, composée de 6 « Sociétés de Marques » et 80 « Sociétés de Marché » présentes sur chaque marché clé. Le Groupe est fortement impliqué dans une politique de développement durable et encourage à ce titre une consommation responsable. La stratégie et les ambitions de Pernod Ricard sont fondées sur 3 valeurs clés qui guident son développement : esprit entrepreneur, confiance mutuelle et fort sens éthique.

Ingénieur, diplômé de l’Ecole Centrale de Lille, filière entrepreneuriat et management d’entreprises, Sylvain Boucherand commence sa carrière comme auditeur financier au sein du cabinet Mazars à Paris après un court passage dans l’industrie. Il prend conscience très tôt des enjeux environnementaux et de développement durable, et en fait sa spécialité à travers notamment des associations qu’il a dirigées. Il fait partie des pionniers travaillant sur les démarches structurées d’innovation pour les modèles d’affaires intégrant la responsabilité sociétale, la biodiversité et les services écologiques. Il accompagne ainsi entreprises et collectivités dans l’intégration des enjeux RSE, ODD et biodiversité à leur stratégie et à l’identification et aux stratégies parties prenantes ou reporting, alliant la pédagogie à la technique pour assurer un changement en profondeur. Il a également un fort engagement associatif et sociétale pour le développement durable.

 

Notre partenaire pour ce cycle

Les entreprises et les collectivités qui ont l’ambition de se développer de manière durable font confiance à l’équipe d’experts de B&L Évolution depuis plus de 6 ans. La société de conseil intervient à leurs côtés sur les stratégies d’innovation et démarches RSE, Énergie et Biodiversité grâce à des méthodologies sur mesure. B&L Évolution accompagne en particulier les directions générales, directions RSE ou du développement durable et les élus sur :

  • L’implication sociétale et la contribution aux Objectifs de développement durable (ODD)
  • L’identification des enjeux économiques, sociaux et environnementaux et des parties prenantes
  • La construction d’une stratégie et la transformation vers de nouveaux modèles économiques durables
  • La définition, le déploiement et l’animation de plans d’action
  • La production d’études, de benchmarks et d’analyses sectorielles

B&L évolution s’engage pour les ODD :
Très investis sur la mobilisation des acteurs pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable de l’ONU (ODD), B&L Evolution a réalisé par exemple des états des lieux de la contribution des entreprises à cet agenda international (via leur démarche RSE, d’innovation ou encore leurs actions de mécénat et leurs partenariats). Ils accompagnent également les entreprises, petites et grandes, pour la compréhension et l’intégration des ODD. Leur métier de conseil et leur engagement leur confèrent un devoir d’exemplarité qui est au cœur de leurs engagements. C’est pourquoi ils ont mis en place une démarche interne qui s’inscrit dans ces 17 objectifs.


Nos événements en ligne sont réalisés en partenariat avec :

 

 

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